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Tuesday, 22 November 2016

Pourquoi donner un prix à lenvironnement Quelques exemples dapplications quotidiennes


Donner une valeur monétaire à l'environnement ressemble à un exercice futile et abstrait, voire dangereux. Pourtant mettre un chiffre sur l'utilisation ou la préservation d'un actif environnemental n'est pas l'apanage des économistes désœuvré et des capitalistes amoraux. C'est quotidiennement que nous donnons une valeur à notre environnement et cette démarche qui nous est familière est indispensable au bon fonctionnement de notre système économique.

L'évaluation de l'environnement dans la vie quotidienne


Prenons un exemple : lors de vos prochaines vacances, êtes-vous près à payer plus cher une chambre d’hôtel avec vue sur la mer ? Si oui, c'est bien que vous donnez une valeur économique à cette proximité de la côte a une valeur économique. Et vous accepteriez sans doute de payer un supplément différent pour une vue sur la mer si la côte en question se situe au Havre ou à Porquerolles, c'est donc que vous attribuez une valeur différente à un environnement différent.

Dans le cas précédent, vous payez pour la jouissance d'un actif environnemental (voir la mer). La valeur que vous donnez à l'environnement est une valeur d'usage.
Même si cela peut paraître abstrait, nous attribuons aussi souvent à l'environnement une valeur de non usage, c'est-à-dire que nous sommes près à payer pour quelque chose que nous n'utilisons pas directement.

Par exemple, si vous choisissez de payer plus cher pour acheter un produit issu de l'agriculture biologique, que payez-vous ? Consommer des produits d'origine biologique plutôt que des produits ordinaires ne vous apporte rien : les bienfaits pour la santé sont incertains et vous n'avez sans doute pas l'intention de visiter ou de profiter d'une quelconque façon de surfaces agricoles que vous aidez à faire sortir de l'agriculture intensive.
La différence de prix que vous acceptez de payer pour avoir un produit bio au lieu d'un produit normal reflète essentiellement la valeur que vous attachez à des pratiques agricoles respectueuses de l'environnement.
Nous donnons une valeur économique à l'environnement dans notre vie quotidienne, par exemple lorsque nous payons plus cher pour des produits biologiques
Choisir de payer plus pour un produit issu de l'agriculture biologique
c'est donner une valeur à la préservation de l'environnement



 Les cas où vous êtes invités à donner une valeur de non-usage à l'environnement sont en fait nombreux : choix d'un fournisseur d'électricité verte, compensation volontaire de vos émissions de gaz à effet de serre...


Donner une valeur à l'environnement : une nécessité économique et politique


Si dans notre vie quotidienne l'évaluation de l'environnement est en générale positive -elle porte sur la jouissance ou préservation d'un actif environnemental- l'enjeu économique est le plus souvent de donner une valeur à une dégradation de l'environnement. Pourquoi ? Parce que sans ça cette dégradation serait considérée comme gratuite.

Reprenons l'exemple de l'agriculture biologique. Vous acceptez de payer plus pour un produit respectueux de l'environnement. C'est bien, mais c'est stupide. C'est le produit le moins respectueux qui devrait être plus cher parce que son prix devrait refléter les atteintes à l’environnement qu'a entraîné sa production et les coût qu'il fait peser sur la société. S'il est moins cher c'est uniquement parce qu'il profite d'une faille de l'économie de  marché, les fameuses externalités, et surtout d'une faillite politique. C'est en effet l’État qui devrait faire porter le coût des dégradation de l'environnement sur leurs auteurs. Mais pour cela, encore faut-il être en mesure d'évaluer ce coût...

Vous n'êtes pas d'accord ? Quelque chose n'est pas clair ? Dites le dans les commentaires.
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Wednesday, 5 October 2016

Pilotage du débat sur lénergie 6 sages et quelques questions


Energie et développement - Comité de pilotage du débat national sur la transition énergétiqueDelphine Batho l'avait annoncé, le débat national sur la transition énergétique doit commencer ce mois-ci pour durer jusqu'en juin 2013 et le vote d'une loi d'orientation dur l'énergie. Le coup d'envois a été donné ce week-end avec la désignation de 6 personnalités chargées d'animer les discussions entre les représentants de l’État, des collectivités, du parlement, des industriels, des ONG et des syndicats.

Ce sont donc Anne Lauvergeon, Laurence Tubiana, Jean Jouzel, Bruno Rebelle, Michel Rollier et Georges Mercadal qui devront faire face à un double défis : laisser se développer un véritable débat, complet et sans tabou, et parvenir à un consensus, indispensable pour engager le pays sur plusieurs décennies.

6 "sages" aux parcours divers

Anne Lauvergeon, que l'on ne présente plus depuis qu'elle a crée Areva en 2001, est agrégée de physique et membre du corps des mines. Elle a été conseillère de François Mitterrand. Après son éviction de la direction d'Areva, elle est restée administratrice de GDF-Suez et de Total.

Laurence Tubiana, diplômé de Science-Po Paris et docteur en économie, a commencé sa carrière en créant et dirigeant une ONG d'aide au développement, Solagral. Elle a été conseillère pour l’environnement auprès de Lionel Jospin avant de fonder en 2001 l'Institut du développement durable et des relations internationales, elle est directrice de la chaire Développement durable de Sciences Po Paris depuis 2003.

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