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Thursday, 17 November 2016
Tout sur les POI
Les POI accroissent l'intérêt d'un GPS, en lui ajoutant des fonctions qui nous simplifient la vie. Encore faut-il savoir les utiliser. Vous verrez que ce n'est pas compliqué. Ils permettent par exemple de se rendre à l'hôpital ou la banque le plus proche de notre position géographique. Pour approfondir, je vais détailler successivement :
Un POI c'est quoi ? C'est l'acronyme Anglais pour Point Of Interest (aussi Waypoint), en Français PI pour « point intéressant » ; ces points sont regroupés par type. (exemple : hôpital banque, gare, aéroport etc...). Chaque type est représenté par une icône particulière qui facilite son repérage sur la carte du GPS ou dans la liste des types. |
![]() | Un POI est défini par ses coordonnées définies en latitude et longitude, et rien d'autre. Les marins pour se positionner sur une carte ont découpé la terre en tranches de saucisson partant de l'équateur (ce sont les parallèles, l'équateur est la référence 0) ; ils l'ont comme les raies de melon, découpée en cercles passant par les 2 pôles ; ce sont les méridiens, le cercle de référence 0 passe par Greenwich (ville de la banlieue de Londres). La latitude d'un point, c'est sa distance angulaire par rapport à l'équateur ; elle est le plus souvent exprimée en degré, minute, seconde ; elle est complétée par une lettre N ou S ; N indique que l'on est au Nord de l'équateur, S au Sud. La longitude d'un point c'est sa distance angulaire par rapport au méridien de Greenwich ; elle est le plus souvent exprimée en degré, minute, seconde ; elle est complétée par une lettre O ou W ; W (west signifie ouest en Anglais) indique que l'on est à l'Ouest du méridien de Greenwich, E que l'on est à l'Est. Donc partout en France, on est en latitude Nord ; par contre on est en longitude Est à droite d'une ligne verticale Caen/Pau (en gros) ; donc tout l'ouest de la France est en longitude W donc Ouest. | |
Les coordonnées Nous venons de voir qu'elles sont définies par leur latitude et leur longitude. Latitude et longitude peuvent être valorisés dans 3 systèmes qui cohabitent :
Un GPS bien fait permet de choisir entre les 3 systèmes (paramètres/format des données). Si vous voulez transformer les coordonnées d'un système vers l'autre, il existe un convertisseur web. Un fichier POI c'est quoi ? C'est un fichier qui regroupe des types de POI spécifiques ; chaque corps de métier a au moins un fichier POI qui dans le GPS correspond à une catégorie. Les marins ont des fichiers POI (appelés waypoints) qui identifient les balises, les entrées de port, les phares etc... Les aviateurs ont les leurs, et les camping caristes ont créé les leurs. Qui crée les fichiers POI ? Ce sont souvent des groupements d'individus (associations, sites web...), mais comme nous le verrons, ce peut être vous pour vous rappeler vos endroits de camping sauvage préférés. Pour rendre les utilisateurs captifs, les fabricants de GPS ont des formats de fichiers POI différents ; heureusement des utilisateurs apportent des solutions de conversion de formats. Les GPS que je conseille : TomTom et Copilot Premium ont le même format de fichier POI ; ce nom de fichier POI a pour structure : nom_fichier.ov2 ; pour un gps Garmin, c'est nom fichier.csv ou .gpx A tout fichier POI est associé un fichier nom_fichier.bmp de même préfixe que le nom de fichier POI (exemple : maroc.ov2 et maroc.bmp) ; il donne les icônes de tous les type de POI contenus dans le fichier POI ; ces icônes sont affichables sur la carte. Tout GPS fournit par défaut un fichier POI général qui regroupe les types suivants : hôpitaux, banques, gares, aéroports, ferries etc... Vous pouvez y ajouter vos fichiers POI préférés, car dans un GPS, on peut charger plusieurs fichiers POI sans problèmes ; par exemple les aires de stationnement en France (1 fichier), les aires de stationnement au Maroc (1 fichier), les aires de stationnement en Irlande (1 fichier) etc... |
Où trouver les fichiers POI ? Google est ton ami ! Donc connectez vous sur internet Vous voulez les POI des randonneurs en France, faites la recherche « POI randonnées » Vous voulez les POI pour stationner en Irlande, faites la recherche « POI camping car Irlande » etc... La plus complète pour moi est ici ou là. Selon les sites on vous donne des POI téléchargeables dans votre GPS (le plus souvent), ou des POI à imprimer sur papier au format adobe pdf (c'est mieux que rien!). |
Comment charger un fichier POI sur un GPS ? Vous avez un GPS Tomtom dédié, c'est le plus facile ; regardez les explications sur le site tomtomax. Vous avez un GPS Garmin regardez les explications sur le site Go2poi. Vous utilisez une tablette avec gps ou un smartphone :
Si vous avez un gps Garmin, il faut télécharger le logiciel POI Loader sur le site de Garmin à cette adresse NOTA : voir aussi ce site. |
Comment utiliser un fichier POI ? Une fois le fichier POI installé dans le bon dossier sur votre GPS, pour pouvoir l'utiliser, il faut redémarrer votre GPS. Pour Tomtom Pour que les POI soient « reconnus » par TomTom, il vous suffit de fermer Tomtom, puis de le rédémarrer. La première fois, vous devez créer une nouvelle catégorie que vous nommerez (exemple : camping car France), puis vous lui affecterez une image parmi celles proposées. Ensuite, pour vous diriger vers le POI, il suffit de sélectionner Naviguer vers/Point d’intérêt, puis de sélectionner le type de POI qui vous convient. Attention, parce que souvent il vous liste tous les POI à proximité, même si vous aviez sélectionné les POI à destination. Il vous suffira de bien veiller à choisir le bon POI et votre GPS vous y amènera à coup sûr ! Pour Copilot Premium Pour que les POI soient « reconnus » par Copilot, il vous suffit de fermer Copilot, puis de le rédémarrer. Ensuite, vous devez valider l'import des POI ; c'est fini. La première fois, vous devez créer une nouvelle catégorie que vous nommerez (exemple : camping car France), puis vous lui affecterez une image parmi celles proposées. Pour aller vers un POI, il suffit de choisir : Allers vers, puis Points d'Interêt, puis Plus de catégories (en bas à droite) ; tous les types de POI sont affichés (on peut faire défiler avec le doigt), choisissez le type de POI qui vous intéresse, les lieux les plus proches sont affichés (on peut faire défiler avec le doigt) ; choisissez un lieu puis "choisir comme destination finale" (en bas en vert). |
Comment faire ses fichiers POI ? Pour faire ses propres fichiers POI on peut utiliser sur son ordinateur le logiciel « POI edit » qui permet :
Vous trouverez ici un tutoriel. A la place de POI Edit on peut aussi utiliser POI Editor For Tomtom Un conseil : faites vous une icône de couleur à partir d'une autre icône. Pour aller plus loin Tomtom en France Icônes et alertes La bible sur les POI est le site gps passion. |
Tuesday, 15 November 2016
Comment mettre un prix sur la nature Méthodes pratiques dévaluation monétaire de lenvironnement
La valeur que nous accordons à l'environnement est complexe et peut avoir de multiples origines. Dans certaines situation, il est pourtant indispensable de traduire cette valeur en une somme d'argent : A combien estimer les dommages et intérêts dus en cas de pollution ? Quel est le juste prix d'une ressource naturelle ? On parle alors d'évaluation monétaire de l'environnement.
| Comment évaluer le montant des dégâts causés à la côte californienne par l'explosion de Deepwater Horizon en 2010 ? |
Donner un prix à l'environnement n'est jamais simple : quelques exemples
Fruits et légumes, gibiers ou viande d'élevage, matières premières... nous payons quotidiennement des biens issus de notre environnement. Est-ce que cela signifie que l'on sait leur donner un prix ? Non : le prix affiché correspond généralement soit à la rémunération du travail et du capital nécessaire à la mise à disposition de ces biens (extraction, transport...) soit à une une logique d'offre et de demande, en général il ne prend pas en compte les impacts sur l'environnement : épuisement des ressources et des sols, consommation d'eau, pollution... Tout cela est presque toujours considéré comme gratuit.
Un autre cas simple en apparence illustre cette difficulté : l'évaluation des dommages suite à une catastrophe environnementale.
On pourrait être tenté de dire que la valeur du dommage correspond au cout de la remise en état, par exemple le coût d'une marée noire serait égal au coût du nettoyage des plages. Cette logique pose cependant deux problèmes. Premièrement elle suppose que le dommage est toujours réparable. Ensuite, il peut y avoir débat sur les limites de la remise en état : d'un point de vue économique on peut considérer que celle-ci s'arrête lorsque le coût marginal de la dépollution dépasse le coût marginal de la pollution (c'est-à-dire lorsque dépolluer coûte plus cher que ça ne rapporte). Allez expliquer aux victimes d'une marée noire que leur bout de côte n'attire ni les touristes ni les pécheurs et que par conséquent le nettoyer ne rapporterait rien à personne...
Quelques méthodes pratiques d'évaluation de la valeur de l'environnement
Malgré ces difficultés, les économistes ont proposé de nombreuses méthodes pour évaluer la valeur d'un "actif environnemental". Il existe deux grandes familles : soit on observe le comportement des personnes concernées, soit on les interroge directement (la première étape est donc toujours de déterminer qui sont les personnes concernées, ce qui n'a rien d'évident).
Les principales méthodes basées sur l'observation sont les suivantes :
- L'évaluation des dépenses de protection ou de réparation : cette méthode est celle qui a été exposée dans le paragraphe précédent, l'idée est que le prix d'un actif environnemental est égal aux dépenses nécessaires à sa protection. C'est cette méthode qui a été utilisée pour évaluer les dommages crées par la marée noire de l'Amoco Cadiz en 1978.
- La méthode dose-réponse : en observant plusieurs situations semblables mais soumises à des dégradations différentes, on tente d'établir une relation entre les différents niveaux de dégradation et des coûts. On peut par exemple étudier le niveau de pollution de l'air et les dépenses de santé dans plusieurs grandes villes et de tenter d'établir un lien entre ces deux variables.
- La méthode hédoniste : on compare le prix que les consommateurs sont prêts à payer pour des biens semblables dans un environnement différent. Par exemple : pour déterminer la valeur de la mer on évalue la différence de prix entre deux appartements semblables mais dont un seul a une vue sur la mer.
- Soit sur le consentement à payer : la question posée est "combien seriez-vous prêts à donner pour..." (sauver les pandas, avoir des plages propres, etc.)
- Soit sur le consentement à recevoir : la question est alors "combien faudrait-il vous donner pour que vous acceptiez de..." (voir disparaître les pandas, avoir des plages souillées, etc.). Le consentement à recevoir n'est plus guère utilisé parce qu'il conduit systématiquement à des résultats plus élevés que le consentement à payer.
Vous n'êtes pas d'accord ? Quelque chose n'est pas clair ? Dites le dans les commentaires.
Vous avez aimé cet articles ? Partagez-le et faites le connaître.
* * *
Ces articles peuvent vous intéresser :- Dossier : économie de l'environnement
- D'où vient la valeur de l'environnement (pour un économiste) ?
- Pourquoi notre économie est dépendante de l'énergie
Wednesday, 9 November 2016
Bonus malus énergétique Ce qui va changer sur les factures délectricité ou de gaz
Les commentaires sont désormais clos. Vous avez été très nombreux à réagir et je vous en remercie. Vous trouverez les réponses aux questions les plus fréquentes dans cet article : Bonus-malus énergie, retour sur un débat.
Merci de vous reporter à cet article si vous souhaiter continuer la discussion.
Merci de vous reporter à cet article si vous souhaiter continuer la discussion.
François Brottes, président PS de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, a présenté aujourd'hui un mécanisme de tarification progressive de l'énergie. Voici quelques réflexion sur sa proposition de loi.
A quoi ressemblera votre facture d'électricité ou de gaz ?
Avant même sa présentation, ce mécanisme était qualifié par certains d'usine à gaz, terme également repris par l'ancienne ministre de l'environnement Nathalie Kosciusko-Morizet.
En réalité du point de vue du consommateur, le fonctionnement est relativement simple. Les besoins théoriques de chaque logement seront calculés en fonction du nombre d'occupants, de sa situation géographique et de son mode de chauffage afin de fixer un seuil correspondant aux besoins de base du logement, le minimum vital en quelque sorte : éclairage, chauffage, électroménager, etc.
En dessous de ce seuil "de base" l'électricité ou le gaz seront facturés à un tarif avantageux inférieur au tarif actuel. Au-delà de ce seuil, l'énergie sera légèrement plus chère qu'elle ne l'est aujourd'hui.
Pour un abonnement EDF standard, le prix du kilowattheure variera donc de la façon suivante :
| Prix du kilowatt-heure d'électricité avec le bonus-malus énergie |
Monday, 7 November 2016
7 choses que vous devez savoir sur le gaz de schiste
Qu'est-ce que le gaz de schiste ? Est-ce nouveau ? Est-ce que le gaz de schiste a fait baisser le prix de l'énergie aux États-Unis ? Quelle est la quantité d'hydrocarbures non-conventionnels récupérable en Europe ? L'exploitation du gaz de schiste est-elle vraiment interdite en France ?
Même après la validation par le Conseil Constitutionnel de la "loi Jacob" du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique, le gaz de schiste reste un sujet de débat politique et médiatique. Pour vous y retrouver au milieu d'affirmations souvent contradictoires de pros et des antis, je vous propose un petit aide mémoire en 7 points.
1. Le gaz de schiste n'est qu'un gaz non conventionnel parmi d'autres
"Gaz de schiste" est un abus de langage pour désigner du gaz de roche-mère, c'est-à-dire du méthane qui est resté enfermé dans la roche où il s'est formé - contrairement au gaz conventionnel qui après s'être formé a migré vers un réservoir.
La catégorie des gaz non-conventionnels comprend aussi le gaz de charbon, emprisonné dans une veine de charbon (ce que l'on appelait autrefois le grisou) et le gaz de roche compacte, qui a migré vers un réservoir celui-ci ayant ensuite perdu sa perméabilité. En anglais, on parle de shale gas (gaz de schiste), coal bed methane (gaz de charbon) et tight gas (gaz de roche compacte).
Le point commun entre ces trois formes : dans tous les cas, la matière contenant le gaz doit être fracturée pour qu'il puisse être récupéré.
Le terme "gaz de schiste" est particulièrement impropre aux Etats-Unis, où le gaz de roche compacte est majoritaire. En Europe, il pourrait être le principal gaz non conventionnel, les autres étant pratiquement absents du continent pour des raisons géologiques et historiques (l'épuisement des mines de charbon).
2. Les hydrocarbures non-conventionnels ne sont pas nouveaux
Figurez-vous que les hydrocarbures de schiste figuraient déjà à l'agenda politique il y a plus d'un siècle... En 1913, lorsque Wiston Churchill, alors premier lord de l'amirauté, fait passer la flotte de guerre anglaise du charbon au pétrole, que répond-t-il aux parlementaires inquiets de voir la Royal Navy dépendante d'une source d'énergie absentes des iles britannique ? Que l'on pourrait extraire deux fois sa consommation des schistes et de l'argile de métropole. C'est dire si l'extraction des hydrocarbures non-conventionnels est une vieille lune...
Si cela n'a pas été fait jusqu'à présent ce n'est pas parce qu'on ne connaissait pas cette ressource ou qu'on ne savait pas comment l'exploiter mais parce que son taux de retour énergétique est très mauvais : de l'ordre de 1 à 5, c'est-à-dire qu'il faut dépenser un baril de pétrole pour en sortir 5 de terre. Pour les hydrocarbures conventionnels ce taux reste en moyenne de 1 à 30 même si il a beaucoup baissé.
![]() |
| Puits de gaz de roche dans le Wyoming (États-Unis) |
Wednesday, 19 October 2016
Video lessentiel de lAccord de Paris sur le climat en 10 minutes
Le 28 avril, j'ai été invité à intervenir en Suisse, à la HES-SO de Sierre, en ouverture d'un forum consacré à l'après-COP21. J'ai eu l'occasion d'y détailler le contenu de l'Accord de Paris, de le replacer dans le contexte de la lutte contre le changement climatique et des négociations internationales depuis la Convention-Cadre de 1992 et de parler signification en termes d'émission.
Rien de bien nouveau : je traite largement de ces sujets sur le blog. Mais vous n'avez peut-être pas le temps de lire mon rapport sur l'Accord de Paris et ses implications économiques ou tous les articles que j'ai consacré à la COP21... Alors que diriez-vous d'un extrait de cette conférence qui en reprend l'essentiel en une dizaine de minutes ?
Pour aller plus loin vous pouvez retrouver ici toutes les interventions du forum.
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Wednesday, 12 October 2016
COP21 Un guide du citoyen engagé en vue de la Conférence de Paris sur le climat
La 21e conférence internationale sur le climat qui se tiendra à Paris début décembre 2015 approche à grands pas. Après l'expiration du protocole de Kyoto et l'échec de la conférence de Copenhague, ce sommet apparait à beaucoup comme la toute dernière chance d'endiguer les émissions de gaz à effet de serre et d'éviter un dérèglement climatique catastrophique... et ce rendez-vous avec l'histoire aura lieu en France.Vous vous demandez comment vous impliquer ? Voici ce que vous devez savoir...
Quels sont les enjeux de la COP21 ?
Les objectifs de la conférence de Paris sur le climat sont nombreux. Le principal enjeu est la mise en place d'un mécanisme de limitation des émissions de gaz à effet de serre pour prendre la suite du protocole de Kyoto à partir de 2020. Ce mécanisme sera-t-il contraignant ? Quels sont les pays qui y en feront partie ? Les limites d'émission fixées seront-elles compatibles avec un réchauffement limité à 2°C en 2100 ?Un enjeu plus discret mais tout aussi important porte sur l'adaptation au changement climatique : le phénomène se fait déjà sentir et même avec un accord ambitieux à Paris certains pays, notamment les États insulaires, auront à souffrir de ses conséquences. Comment aider les future victimes à se préparer ? Comment les indemniser ? Quels statut sera accordé aux futurs réfugiés climatique ?
Informations pratiques : où et quand ?
La Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 2015 aura lieu du 30 novembre au 11 décembre 2015 au Bourget.Il est possible, comme cela a été le cas pour de nombreuses COP, que les discussions se poursuivront au-delà de la fin officielle du sommet pendant le week-end du 12 et 13 décembre.
Quelles organisations participent à la conférence ?
En dehors des négociateurs, un certain nombre d'organisations bénéficient d'une reconnaissance officielle de l'ONU qui leur permet de participer aux discussions, par exemple par une intervention en plénière, des contributions écrites ou l'organisation d'un "side event". Il s'agit notamment des entreprises et de leurs représentants (collectif dit BINGO), des syndicats (TUNGO), des organisations de protection de l'environnement (ENGO), des collectivités locales (LGMA) et des instituts de recherche (RINGO).La liste complète des organisations accréditées peut être trouvée ici. Cette liste comprend également le nom du représentant de chaque organisation et ses coordonnées.
A ce sujet, vous pouvez lire mon article sur le profil-type des organisations participant à la COP20 de Lima.
Si vous représentez une organisation susceptible d'être admise, vous pouvez trouver la procédure d'accréditation ici. Malheureusement, il est trop tard : les inscriptions sont closes pour la COP21 depuis le 31 août 2014. Si vous n'avez pas pu faire la demande dans les temps il vous reste la possibilité de bénéficier d'un partage d’accréditation, à négocier avec une organisation inscrite.
Pouvez-vous participer ?
A titre individuel, non. L'accès à l'enceinte des négociations sera réservé aux représentants d'organisations accréditées. Cependant un "village de la société civile" sera accessible librement.Par ailleurs de très nombreux événements autour du climat vont avoir lieux pendant la conférence et tout au long de l'année 2015 : débats à destination du grand public ou de professionnels, exposition, manifestations et mobilisations... Vous pouvez consulter ici la liste des événements prévu avant et pendant la COP21.
Comment monter un projet ?
Votre association veut profiter de la COP21 pour mener un projet, par exemple une action de sensibilisation aux conséquences du changement climatique ou l'organisation de débat ? Dans ce cas, vous pouvez prendre contact avec l'un des "référents société civile" du Quai d'Orsay :Si vous avez besoin d'un financement, votre demande doit être accompagnée d'un formulaire Cerfa. Vous pouvez également prendre contact avec vos collectivités territoriales (mairie, département, région).
Une autre solution peut être de rechercher une entreprise sensible aux questions climatiques. Le Ministère du développement durable met à disposition un annuaire des mécènes potentiels par région.
Enfin, pour les projets innovants, le crowdfunding (via des sites comme Ulule ou Kisskissbangbang) peut également être une bonne idée.
(Accessoirement, vous pouvez aussi faire appel à moi : j'interviens comme consultant pour aider des associations et des entreprises à monter et promouvoir leurs projets en vu de la COP21)
Comment faire entendre votre voix individuellement ?
Si vous souhaitez contribuer, la meilleure façon est de vous rapprocher d'une organisation qui peut bénéficier du statut d'observateur ou organise des événements autour de la COP21.Une autre alternative peut être d'encourager les participants à adopter un accord ambitieux. Certains d'entre eux sont accessibles via les réseaux sociaux. Par exemple :
- Laurent Fabius (ministre des Affaires Étrangères et président de la COP21) sur Twitter, Facebook ou son blog,
- Marie-Hélène Aubert (conseillère de l'Elysée pour les négociations sur le climat) sur Twitter ou LinkedIn,
- Pierre-Henri Guignard (chargé de la préparation de la COP21) sur Twitter ou LinkedIn,
- Paul Watkinson (chef de l'équipe de négociation sur le climat au Ministère du développement durable) sur Twitter, Facebook ou LinkedIn,
- Antoine Michon (chef de la division climat au Quai d'Orsay) sur Twitter ou LinkedIn.
Vous cherchez encore des informations ? N'hésitez pas à le dire en commentaire et à faire progresser cet article.
Vous avez une idée ? Un projet ? Faites le connaitre !
* * *
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- Le climat va-t-il pousser les humanitaires et les ONG de protection de l'environnement à se rapprocher ?
- Allemagne, sortie du nucléaire, charbon et climat. Le vrai et le faux.
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Monday, 10 October 2016
Nucléaire charbon prix de lénergie Le vrai et le faux sur la transition énergétique allemande
Modèle pour les uns, contre-exemple pour les autres, la politique énergétique allemande et sa "sortie du nucléaire" font paradoxalement plus débat de ce coté-ci du Rhin que de l'autre. Et comme souvent dans le domaine de l'énergie, ces polémiques ont leur lot d'affirmations contradictoires : L'Energiewende carbure-t-il au charbon ? La sortie du nucléaire impose-t-elle à l'Allemagne d'acheter de l'électricité à ses voisins ? Les énergies renouvelables rendent-elles le réseau instable ? L'électricité allemande est-elle la plus chère du monde ?Pour vous y retrouver sur ces questions et quelques autres voici un vrai-faux sur la politique énergétique allemande.
| L'Allemagne est un gros consommateur de charbon→ Vrai |
Vu de France ces proportions peuvent paraitre énormes : dans notre pays le charbon ne compte que pour quelques pourcents de la production électrique. Mais ici c'est la France qui est atypique : toutes les autres grandes économies dépendent significativement du charbon. Celui-ci assure par exemple 30% de la production électrique au Japon, 32% en Grande Bretagne, 38% aux États-Unis et la Chine est bien au-delà avec 72% de charbon dans son mix électrique.
| La consommation de charbon augmente en Allemagne→ Faux |

Cette tendance de long terme à la baisse n'a été affectée ni par la réunification ni par la décision, prise dans les années 2000, de sortir du nucléaire. Le constat est plus mitigé pour la période qui suit l'accident nucléaire de Fukushima : la baisse de la part du charbon dans le mix électrique allemand semble faire une pause mais sans pour autant repartir à la hausse.
| La sortie du nucléaire est une décision précipitée, prise sous le coup de l'émotion après l'accident de Fukushima→ Faux |
Alors que vient faire Fukushima là-dedans ? Il y a effectivement eu brève inflexion de la politique allemande en 2010 et 2011. Reprenons la chronologie :
- En 2000, la coalition Vert-SPD officialise la sortie du nucléaire par la Convention du 14 juin 2000 qui limite la quantité d'énergie qui pourra être produite par les centrales en service avant leur fermeture. La fin du nucléaire allemand est alors prévue autour de 2020. Cette décision n'est pas remise en cause lorsque les Verts quittent le gouvernement en 2005.
- En 2010, la majorité conservatrice menée par Angela Merkel confirme la fin du nucléaire mais assouplit le calendrier. L'Allemagne se donne alors de nouveaux objectifs énergétiques à l'horizon 2050 (c'est ce qu'on a appelé l'Energiekonzept), la fermeture de la dernière centrale nucléaire y est prévue pour 2036.
- Quelques mois plus tard, en 2011, l'accident de Fukushima pousse Angela Merkel a revenir au calendrier de 2000. Pendant l'été, une nouvelle série de lois sur l'énergie est adoptée (Energiewende), elle ne remet pas fondamentalement en cause les orientations de l'Energiekonzept mais revient au calendrier des années 2000. La sortie du nucléaire est désormais prévue en 2022 et les 8 réacteurs les plus anciens sont mis à l'arrêt immédiatement.
| La sortie accélérée du nucléaire signifie un retour aux énergies fossiles→ Faux |
Le revirement de l'été 2011,et surtout la fermeture immédiate de 8 réacteurs soit près de 8.5GW, a fait dire à de nombreux commentateurs que l'Allemagne serait obligée d'augmenter sa consommation d'énergie fossile. Cette prévision tenait la route à l'époque mais 5 ans plus tard il est clair qu'elle ne s'est pas réalisé.

Avec le recul dont nous disposons maintenant, il est clair que les allemands sont en train de gagner leur pari : depuis 2010, les énergies renouvelables ont fait plus que compenser le recul du nucléaire permettant de baisser dans le même temps la production d'électricité d'origine fossile.
| Depuis 2010, c'est la consommation de gaz qui a reculé, pas la consommation de charbon→ Vrai |
Cette évolution s'explique avant tout par la compétitivité du charbon en Europe par rapport aux autres fossiles. Deux responsables :
- La baisse du cours du charbon qui est passé de 84$ la tonne au printemps 2011 à environ 60$ aujourd'hui. Cette baisse s'explique par l'exploitation rapide des gaz non-conventionnels aux États-Unis. Celle-ci à fait baisser de l'ordre de 30% le prix du gaz en sortie de puits mais le gaz étant difficilement transportable, la baisse des cours outre-atlantique ne l'a pas rendu plus compétitif en Europe. Au contraire elle a détourné une partie de la production américaine de charbon vers l'export. Plus récemment, le ralentissement de la croissance chinoise accompagné de fortes surcapacités a également tiré le prix du charbon vers le bas.
- Les ratés du marché européen du carbone : un de ses objectifs était justement de rendre le gaz compétitif par rapport au charbon. Mais le prix de la tonne de CO2 (moins de 5€) est beaucoup trop bas pour cela.
| La sortie du nucléaire se fait au détriment du climat→ Faux (mais ça se discute) |
Cependant, si elle est plutôt neutre pour le climat, la politique énergétique allemande a un coût d'opportunité : à investissement égal, une politique énergétique tournée vers la réduction des émissions plutôt que la sortie du nucléaire aurait pu diviser par deux la consommation de charbon allemande entre 2000 et 2020 et faire baisser les émissions annuelles de carbone de 150 millions de tonnes environ. Au lieu de quoi, la production d'électricité grâce aux énergies fossiles est la même aujourd'hui qu'il y a 20 ans à quelques térawatt-heures près.
Le choix des allemands a été de faire passer la fermeture des centrales nucléaires avant celle des centrales à charbon. Est-ce le bon ? L'effort allemand ne devrait-il pas être rééquilibré : fermer les réacteurs nucléaires moins vite pour réduire plus rapidement les énergies fossiles ? Ce sont des questions légitimes, alors autant la poser de façon honnête.
| L'Allemagne ferme ses réacteurs nucléaires mais compense en achetant l'électricité des centrales françaises→ Faux |
En particulier, le solde des échanges avec la France est positif (de 5.9TWh en 2014). C'est donc la France qui achète de l'électricité à l'Allemagne, pas l'inverse.
(Un lecteur a attiré mon attention sur un paradoxe : Alors que l'Allemagne est exportatrice nette d'électricité vers la France, le solde des flux physiques d'électricité entre l'Allemagne et la France est négatif. L'explication est simple : de l'électricité française peut, par exemple, passer physiquement par l'Allemagne alors qu'elle est destinée au marché belge ou suisse. C'est donc bien le flux contractuel, évoqué plus haut, qui renseigne sur la réalité des échanges.)
| Avec un mix électrique qui intègre autant d'énergies renouvelables intermittentes, le réseau allemand est instable→ Faux |
Il y a encore quelques années, beaucoup d'experts pensaient que les réseaux électriques ne pourraient pas supporter longtemps la progression des énergies intermittentes, celles dont la disponibilité varient en fonction de facteurs extérieurs notamment la météo. Au-delà de quelques pourcents du mix électrique, disait-on alors, ces énergies dégraderaient la sécurité électrique, voire entraineraient l'effondrement du réseau.
Avec le recul, l'intégration des énergies renouvelables est bien un défi technique (l'Allemagne doit par exemple renforcer son réseau notamment les lignes reliant le nord où les éoliennes sont installées et le sud industriel) et économique (avec des périodes où le prix de l'électricité est négatif) mais elle ne semble plus insurmontable. Aujourd'hui le réseau électrique allemand est un des plus fiable d'Europe. La durée annuelle des coupures y est quatre fois inférieure à celle du réseau français.
| L'électricité allemande est parmi les plus chères du monde→ Faux et vrai à la fois |
Mais si on regarde la facture des consommateurs finaux, l'électricité allemande coute environ 0.3€/kWh ce qui la place parmi les plus onéreuses, c'est par exemple deux fois plus cher qu'en France. En effet, le développement des énergies renouvelables repose sur des prix garantis pendant 20 ans et ce sont les ménages qui payent le plus gros de la différence avec le prix spot via une taxe (l'EEG-Umlage).
Même si les foyers allemands sont très économes, de telle sorte que leur facture finale est à peu près la même que dans les autres pays européens (en moyenne 978€/an contre 834 pour les français), la transition énergétique à un coût, tout particulièrement pour les les moins aisés qui consacrent une part plus importante de leurs revenus à l'énergie.
La plupart des chiffres cité dans cet article sont tiré de l'AGEB. Comme d'habitude, vous pouvez accéder au détail des données et des calculs, il suffit de cliquer ici.
Crédit photo : By Kateer 8 May 2007 (UTC) (Own work) [CC-BY-SA-2.5], via Wikimedia Commons
Publié le 21 octobre 2013 par Thibault Laconde, dernière mise à jour le 27 juillet 2016
Wednesday, 5 October 2016
Pilotage du débat sur lénergie 6 sages et quelques questions
Ce sont donc Anne Lauvergeon, Laurence Tubiana, Jean Jouzel, Bruno Rebelle, Michel Rollier et Georges Mercadal qui devront faire face à un double défis : laisser se développer un véritable débat, complet et sans tabou, et parvenir à un consensus, indispensable pour engager le pays sur plusieurs décennies.
6 "sages" aux parcours divers
Anne Lauvergeon, que l'on ne présente plus depuis qu'elle a crée Areva en 2001, est agrégée de physique et membre du corps des mines. Elle a été conseillère de François Mitterrand. Après son éviction de la direction d'Areva, elle est restée administratrice de GDF-Suez et de Total.
Laurence Tubiana, diplômé de Science-Po Paris et docteur en économie, a commencé sa carrière en créant et dirigeant une ONG d'aide au développement, Solagral. Elle a été conseillère pour l’environnement auprès de Lionel Jospin avant de fonder en 2001 l'Institut du développement durable et des relations internationales, elle est directrice de la chaire Développement durable de Sciences Po Paris depuis 2003.
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