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Saturday, 26 November 2016

Règles essentielles de sécurité dans une installation solaire


Cet article détaille quelques règles essentielles de sécurité pour l'installation, l'exploitation et la maintenance d'installations solaires photovoltaïque. Il ne se substitue pas aux précautions d'usage et aux recommandation des constructeurs.


Règles générales de sécurité
  • Les personnes non-autorisées, les enfants et les animaux ne doivent pas avoir accès à l'installation, les locaux techniques doivent être fermés.
  • Lisez attentivement la notice des matériels (batteries, panneaux solaire, etc.) que vous allez utiliser, assurez-vous qu'ils sont en bon état et que vous disposez de tout le matériel nécessaire avant de commencer.
  • Lors de travaux électriques, les intervenants et les locaux doivent être secs. Attention à la pluie, à la transpiration...
  • Autant que possible, les manipulations doivent avoir lieu hors-tension.
  • Les manipulation sous tension (qui peuvent créer des étincelles) ne doivent pas avoir lieu à proximité de matière inflammable ou explosives. N'oubliez pas que les batteries peuvent libérer du dihydrogène qui est un gaz explosif ! 

    Règles particulières liées à l'utilisation de batteries et des panneaux solaires
    • Respectez la polarité des composants 
    • Le seul moyen d’arrêter la production d'électricité d'une panneau solaire est de le priver de soleil. Couvrez les panneaux avant d'intervenir sur une installation photovoltaïque.
    • Les batteries doivent se trouver dans une pièce bien ventilée. Pour éviter tout risque d'explosion, il est interdit de faire du feu, de fumer ou de provoquer des étincelles dans un local contenant des batteries.
    • Protégez-vous contre les projections et les vapeurs émises par les batteries.
    • Ne reliez jamais les pôles + et - d'une batterie : cela provoquerait un court-circuit avec des risques d'explosion de la batterie. Afin d'éviter une mise en contact accidentelle de ces deux pôles, enlevez tous les objets métalliques (bague, montre, bracelet...) lorsque vous manipulez des batteries
    • Ne rechargez pas des batteries sans régulateur
    • Les batteries au plomb sont très nocives pour l'environnement : ne les jetez pas !
    Pour en savoir plus sur la maintenance des batteries : Optimiser la durée de vie des batteries, mode d'emploi

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    Saturday, 19 November 2016

    Système de batteries anti coupure fonctionnement


    Système de batterie anti-coupure en Haïti

    Lorsqu'il n’est pas accessible ou n'est pas fiable, il est possible d’utiliser des batteries pour prendre le relais du réseau électrique public. Ce système anti-coupure est courant dans certains pays (par exemple en Haïti), dans des bâtiments exigeant un niveau élevé de fiabilité (relais de télécommunication, hôpitaux…) ou dans les installations mobiles (caravane, voilier...).
    Les batteries peuvent également être utilisées pour prendre le relais d'un groupe électrogène et créer ainsi des périodes de silence.



    Un système de batteries est généralement composé de 2 éléments principaux :
    • Des batteries, naturellement, pour stocker l’électricité du réseau lorsque celui-ci est disponible puis la restituer pour alimenter l’installation pendant les coupures, 
    • Un combi chargeur-onduleur  (ou chargeur-convertisseur ou « charger-inverter » en anglais) qui va à la fois réguler la charge des batteries et convertir le courant alternatif du réseau électrique en courant continu – le seul qui puisse être stocké – puis de nouveau en courant alternatif pour alimenter l’installation.
    Il est aussi possible d’utiliser un chargeur et un onduleur distincts à la place du combi chargeur-onduleur mais cette solution est généralement moins efficace.

    Le cœur du système : les batteries
    Les batteries sont chargées quand le réseau électrique fonctionne et déchargées si l'utilisateur consomme de l’électricité pendant un délestage.
    Notez bien qu'une batterie ne produit pas d'électricité : elle se contente d'en stocker puis de la restituer. La quantité d'énergie que pourra vous fournir un système de ce type est donc limitée. Si vous ne voulez pas ou ne pouvez pas courir le risque voir l'électricité coupée parce que les batteries sont épuisées, vous devrez vous orienter vers un système solaire photovoltaïque ou bien un groupe électrogène.
    La quantité d'énergie stockée s'exprime en Watt-heure (Wh) mais les fabricants indiquent souvent la capacité de leurs batteries en Ampère-heure (Ah). Dans ce cas, il faut multiplier ce chiffre par celui de la tension aux bornes des batteries (en général 12 Volt) pour obtenir une équivalence en Watt-heure.
    Pour plus de détails : Caractéristiques des batteries au plomb.

    Et le cerveau : le combi chargeur-onduleur
    Le chargeur-onduleur peut offrir de nombreuses fonctions. Celles-ci varient d’un modèle à l’autre mais on en retrouve toujours au moins 4 :
    • Il convertit le courant alternatif fourni par le réseau électrique en courant continu stockable par les batteries,
    • Il régule la charge des batteries pour optimiser leur durée de vie, notamment en coupant l’alimentation lorsque les batteries sont pleines,
    • Il convertit le courant continu stocké dans les batteries pour alimenter l’installation en courant alternatif,
    • Il coupe l’alimentation de l’installation lorsque le niveau des batteries baisse dangereusement afin d'éviter qu'elles ne soient endommagées.
    Le dimensionnement du combi chargeur-onduleur et le choix des options est un point critique pour la réussite de votre projet.

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    Tuesday, 15 November 2016

    Comment mettre un prix sur la nature Méthodes pratiques dévaluation monétaire de lenvironnement


    La valeur que nous accordons à l'environnement est complexe et peut avoir de multiples origines. Dans certaines situation, il est pourtant indispensable de traduire cette valeur en une somme d'argent : A combien estimer les dommages et intérêts dus en cas de pollution ? Quel est le juste prix d'une ressource naturelle ? On parle alors d'évaluation monétaire de l'environnement.
    Un cas pratique d'évaluation monétaire de l'environnement : comment évaluer les dommages causés par une marée noire ?
    Comment évaluer le montant des dégâts causés à la côte californienne
    par l'explosion de Deepwater Horizon en 2010 ?
    Cette évaluation pose de nombreux problèmes. Nous allons voir quelques unes des méthodes qui ont été mises au point pour y répondre.


    Donner un prix à l'environnement n'est jamais simple : quelques exemples


    Fruits et légumes, gibiers ou viande d'élevage, matières premières... nous payons quotidiennement des biens issus de notre environnement. Est-ce que cela signifie que l'on sait leur donner un prix ? Non : le prix affiché correspond généralement soit à la rémunération du travail et du capital nécessaire à la mise à disposition de ces biens (extraction, transport...) soit à une une logique d'offre et de demande, en général il ne prend pas en compte les impacts sur l'environnement : épuisement des ressources et des sols, consommation d'eau, pollution... Tout cela est presque toujours considéré comme gratuit.

    Un autre cas simple en apparence illustre cette difficulté : l'évaluation des dommages suite à une catastrophe environnementale.
    On pourrait être tenté de dire que la valeur du dommage correspond au cout de la remise en état, par exemple le coût d'une marée noire serait égal au coût du nettoyage des plages. Cette logique pose cependant deux problèmes. Premièrement elle suppose que le dommage est toujours réparable. Ensuite, il peut y avoir débat sur les limites de la remise en état : d'un point de vue économique on peut considérer que celle-ci s'arrête lorsque le coût marginal de la dépollution dépasse le coût marginal de la pollution (c'est-à-dire lorsque dépolluer coûte plus cher que ça ne rapporte). Allez expliquer aux victimes d'une marée noire que leur bout de côte n'attire ni les touristes ni les pécheurs et que par conséquent le nettoyer ne rapporterait rien à personne...


    Quelques méthodes pratiques d'évaluation de la valeur de l'environnement


    Malgré ces difficultés, les économistes ont proposé de nombreuses méthodes pour évaluer la valeur d'un "actif environnemental". Il existe deux grandes familles : soit on observe le comportement des personnes concernées, soit on les interroge directement (la première étape est donc toujours de déterminer qui sont les personnes concernées, ce qui n'a rien d'évident).

    Les principales méthodes basées sur l'observation sont les suivantes :
    • L'évaluation des dépenses de protection ou de réparation : cette méthode est celle qui a été exposée dans le paragraphe précédent, l'idée est que le prix d'un actif environnemental est égal aux dépenses nécessaires à sa protection. C'est cette méthode qui a été utilisée pour évaluer les dommages crées par la marée noire de l'Amoco Cadiz en 1978.
    • La méthode dose-réponse : en observant plusieurs situations semblables mais soumises à des dégradations différentes, on tente d'établir une relation entre les différents niveaux de dégradation et des coûts. On peut par exemple étudier le niveau de pollution de l'air et les dépenses de santé dans plusieurs grandes villes et de tenter d'établir un lien entre ces deux variables.
    • La méthode hédoniste : on compare le prix que les consommateurs sont prêts à payer pour des biens semblables dans un environnement différent. Par exemple : pour déterminer la valeur de la mer on évalue la différence de prix entre deux appartements semblables mais dont un seul a une vue sur la mer.
    Toutes ces méthodes ont l'inconvénient de ne concerner que la valeur d'usage. La valeur de non usage ne peut être évaluée qu'en interrogeant les personnes concernées. Cette méthode est appelée évaluation contingente, elle peut reposer :
    • Soit sur le consentement à payer : la question posée est "combien seriez-vous prêts à donner pour..." (sauver les pandas, avoir des plages propres, etc.)
    • Soit sur le consentement à recevoir : la question est alors  "combien faudrait-il vous donner pour que vous acceptiez de..." (voir disparaître les pandas, avoir des plages souillées, etc.). Le consentement à recevoir n'est plus guère utilisé parce qu'il conduit systématiquement à des résultats plus élevés que le consentement à payer.
    Aucune de ces méthode n'est réellement satisfaisante d'un point de vue théorique. Et ce n'est guère mieux dans la pratique puisque lorsque plusieurs méthodes sont utilisées simultanément elles conduisent généralement à des résultats assez différents.

    Vous n'êtes pas d'accord ? Quelque chose n'est pas clair ? Dites le dans les commentaires.
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     * * *
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    Sunday, 13 November 2016

    Revue de presse Energie Developpement novembre 2011


    La question de l'énergie ne peut être posée que dans son ensemble

    En France, le mois de novembre a été marqué par la place accordée à l'énergie dans le débat public. Le nucléaire s'est trouvé au cœur des discussions éclipsant les autres filières et faisant même oublier que, certes, 80% de l'électricité française est d'origine nucléaire mais que l'électricité ne représente qu'un quart de la consommation d'énergie de la France. La position défendue par une partie des intervenants reposant sur l'absence d'alternative au nucléaire (et donc en fait l'absence de débat) il n'est pas étonnant que la question énergétique n'a pas été abordé dans sa globalité.
    Pourtant, cette question est beaucoup plus vaste et complexe qu'elle n'est apparue au cours des dernière semaines. Aucun sujet ne peut être abordé seul. Prenez par exemple le solaire photovoltaïque qui étouffe doucement après la confirmation du décret de 9 décembre 2010. Cette technologie est écartée parce que "la nuit il n'y a pas de soleil"... Certes mais on pourrait stocker l'électricité. N'est-ce pas une des raisons du développement des voitures électriques, car au fond une voiture électrique ce n'est qu'une batterie avec des roues. Et l'on pourrait continuer à tirer ainsi la pelote en se demandant si la voiture électrique ne conforte pas la voiture tout court avec les incertitudes que l'on connait sur les énergies fossiles...
    La question de l'énergie ne peut être posée que dans son ensemble. Prendre position sur l'avenir d'une technologie ou d'une filière quand on ignore tout des autres, c'est simplement faire du lobbying..

    Débat local, conséquences globales

    A la veille de l'ouverture de la conférence de Durban sur le réchauffement climatique, une autre question manque dans le débat français. La France est, qu'elle le veuille ou non, encore dans une position de leader dans le domaine de l'énergie. La voie qu'elle choisira servira d'exemple à bien d'autres pays. On imagine par exemple l'effet qu'aurait l'arrêt de la construction de centrales nucléaires dans le pays le plus nucléarisé au monde ! Et, à l'inverse, les positions pro-nucléaire de M. Sarkozy ont été à l'origine de projets d'exportations vers des pays ne possédant pas encore de centrales nucléaires.
    Si on veut bien sortir de l'hexagone et considérer la question dans sa globalité - c'est-à-dire pour reprendre les termes de l'AIE : "comment parvenir à un accès universel à l’énergie d’ici à 2030 ?" - les orientations changent. Le nucléaire a peu d’intérêt, il y a bien quelques projets qui pourraient peut-être convenir à des pays en développement mais sa complexité et son coût en font durablement une énergie de pays industrialisé. Les perspective sont plutôt du coté de la maitrise de la demande et d'infrastructures plus légères et moins centralisées, quelque chose qui ressemble à un développement des énergies renouvelables.
    Ne l'oublions pas : pour des pays comme la France, développer ce type de solution est un énorme enjeux de croissance.
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    Saturday, 12 November 2016

    Rencontre avec les artisans de la COP21 épisode 4 Mathilde Imer le WARN et la Conference of Youth


    Hier, à moins de 250 jours de la conférence sur le climat de Paris, les États devaient remettre leurs propositions de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais la lutte contre le changement climatique se réduit-elle à des diplomates additionnant et soustrayant des tonnes de CO2 ? Derrière ces chiffres se cachent des choix de société, des habitudes de consommation, des comportement individuels... C'est pourquoi la COP21 sera aussi un grand rendez-vous pour la société civile : association environnementales, mouvements sociaux, syndicats patronaux, universitaires... vont chacun proposer leur vision de notre avenir et tenter de convaincre.
    Chaque mercredi, je vous invite à faire la connaissance d'une des personnes qui s'active pour organiser cette mobilisation de la société civile, pour comprendre ses projets mais aussi sa vision et son engagement. Pour ne ratez aucun de ces entretien, n'hésitez pas à vous abonner à ma chaine Youtube.

    Et aujourd'hui, je vous propose de rencontrer Mathilde Imer qui a fondé le mouvement WARN (pour We Are Ready Now) et qui travaille sur l'organisation de la COY, la conférence des jeunes qui précédera en novembre le sommet de Paris.


    L'objectif du WARN va au-delà de la COP21 et des questions climatiques. En fédérant de nombreuses association - depuis Animafac jusqu'aux scouts et guides de France - il veut apporter des solutions concrètes aux problèmes des jeunes générations : emploi, santé, environnement, alimentation...
    A l'approche de la COP21, le climat prend cependant une importance particulière et le WARN souhaite porter la voix et les solutions des jeunes lors de ce rendez-vous. C'est notamment lui qui organise la Conference of Youth : depuis une dizaine d'années des représentants des jeunes se réunissent dans les jours précédant les sommets de l'ONU sur le climat. Cette année, la COY11 aura lieu du 26 au 28 novembre à Villepinte, environ 5.000 personnes sont attendues !

    Les rencontres précédentes :
    • Brice Lalonde sur le Business & Climate Summit
    • Kamera Vesic sur "Welcome chez moi" 
    • Sylvianne Villaudière sur SolutionsCOP21

    Vous recherchez d'autres événements ? Voici l'agenda de toutes les manifestions autour de la COP21.
    Vous avez un projet et vous souhaiteriez apparaître dans cette rubrique ? Parlez-moi en.

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    Wednesday, 9 November 2016

    Bonus malus énergétique Ce qui va changer sur les factures délectricité ou de gaz


    Les commentaires sont désormais clos. Vous avez été très nombreux à réagir et je vous en remercie. Vous trouverez les réponses aux questions les plus fréquentes dans cet article : Bonus-malus énergie, retour sur un débat. 
    Merci de vous reporter à cet article si vous souhaiter continuer la discussion. 

    François Brottes, président PS de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, a présenté aujourd'hui un mécanisme de tarification progressive de l'énergie. Voici quelques réflexion sur sa proposition de loi.

    A quoi ressemblera votre facture d'électricité ou de gaz ?

    Avant même sa présentation, ce mécanisme était qualifié par certains d'usine à gaz, terme également repris par l'ancienne ministre de l'environnement Nathalie Kosciusko-Morizet.

    En réalité du point de vue du consommateur, le fonctionnement est relativement simple. Les besoins théoriques de chaque logement seront calculés en fonction du nombre d'occupants, de sa situation géographique et de son mode de chauffage afin de fixer un seuil correspondant aux besoins de base du logement, le minimum vital en quelque sorte : éclairage, chauffage, électroménager, etc.
    En dessous de ce seuil "de base" l'électricité ou le gaz seront facturés à un tarif avantageux inférieur au tarif actuel. Au-delà de ce seuil, l'énergie sera légèrement plus chère qu'elle ne l'est aujourd'hui.
      Si la consommation continue à augmenter et dépasse de plus de 50% le seuil de base, on considère que l'énergie est gaspillée et le tarif augmentera à nouveau plus fortement.

      Pour un abonnement EDF standard, le prix du kilowattheure variera donc de la façon suivante :

      Prix du kilowatt-heure d'électricité avec le bonus-malus énergie
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      Tuesday, 8 November 2016

      Dossier Quelle analyse économique de lenvironnement


      Combien coûte la destruction d'un hectare de forêt ? L'émission d'une tonne de CO2 ? La disparition d'une espèce ?
      Donner une valeur monétaire à l'environnement  soulève de nombreux problèmes aussi bien éthiques que pratiques. Pourtant cette démarche, qui permet d'intégrer l'environnement dans des raisonnements économiques est au cœur de l'économie verte. Et elle est de plus en plus fréquemment utilisée : du récif corallien (estimé entre 5 et 10 000$ par hectare par un rapport officiel) jusqu'à la tonne de carbone, cotée en bourse, aujourd'hui, tout semble avoir un prix.


      Comment et pourquoi évaluer l'environnement ? Quelles en sont les limites ? Vous trouverez quelques réponses dans cette série d'articles :
      • Éclairage historique : pourquoi monnaie-t-on les dommages environnementaux au lieu de les interdire ?
      • Évaluer la valeur de l'environnement ? Quelques applications concrètes 
      • D'où vient la valeur de l'environnement (pour un économiste) ?
      • Un concept clé : les externalités négatives
      • Quelques méthodes d'évaluation monétaire d'un actif environnemental 
      • L'actualisation : un autre obstacle à l'évaluation monétaire de l'environnement 
      • Interlude : les aveugles et l'éléphant 
      • L'évaluation physique des impacts sur l'environnement
      • Exploiter ou non ? Comment un économiste voit-il les ressources naturelles ? 
      •  Un exemple des problèmes rencontrés : l'évaluation des émissions de gaz à effet de serre 
      • Conclusion : Entre nécessité économique et impasse éthique

      Un autre exemple de politiques en faveur d'une économie verte :
      • Les certificats d'économie d'énergie 
      Crédit photo : By Tatmouss (Own work) [CC-BY-SA-3.0], via Wikimedia Commons

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            Monday, 7 November 2016

            7 choses que vous devez savoir sur le gaz de schiste


            Qu'est-ce que le gaz de schiste ? Est-ce nouveau ? Est-ce que le gaz de schiste a fait baisser le prix de l'énergie aux États-Unis ? Quelle est la quantité d'hydrocarbures non-conventionnels récupérable en Europe ? L'exploitation du gaz de schiste est-elle vraiment interdite en France ?
            Même après la validation par le Conseil Constitutionnel de la "loi Jacob" du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique, le gaz de schiste reste un sujet de débat politique et médiatique. Pour vous y retrouver au milieu d'affirmations souvent contradictoires de pros et des antis, je vous propose un petit aide mémoire en 7 points.

            1. Le gaz de schiste n'est qu'un gaz non conventionnel parmi d'autres


            "Gaz de schiste" est un abus de langage pour désigner du gaz de roche-mère, c'est-à-dire du méthane qui est resté enfermé dans la roche où il s'est formé - contrairement au gaz conventionnel qui après s'être formé a migré vers un réservoir.
            La catégorie des gaz non-conventionnels comprend aussi le gaz de charbon, emprisonné dans une veine de charbon (ce que l'on appelait autrefois le grisou) et le gaz de roche compacte, qui a migré vers un réservoir celui-ci ayant ensuite perdu sa perméabilité. En anglais, on parle de shale gas (gaz de schiste), coal bed methane (gaz de charbon) et tight gas (gaz de roche compacte).
            Le point commun entre ces trois formes : dans tous les cas, la matière contenant le gaz doit être fracturée pour qu'il puisse être récupéré.

            Le terme "gaz de schiste" est particulièrement impropre aux Etats-Unis, où le gaz de roche compacte est majoritaire. En Europe, il pourrait être le principal gaz non conventionnel, les autres étant pratiquement absents du continent pour des raisons géologiques et historiques (l'épuisement des mines de charbon).

            2. Les hydrocarbures non-conventionnels ne sont pas nouveaux


            Figurez-vous que les hydrocarbures de schiste figuraient déjà à l'agenda politique il y a plus d'un siècle... En 1913, lorsque Wiston Churchill, alors premier lord de l'amirauté, fait passer la flotte de guerre anglaise du charbon au pétrole, que répond-t-il aux parlementaires inquiets de voir la Royal Navy dépendante d'une source d'énergie absentes des iles britannique ? Que l'on pourrait extraire deux fois sa consommation des schistes et de l'argile de métropole. C'est dire si l'extraction des hydrocarbures non-conventionnels est une vieille lune...
            Si cela n'a pas été fait jusqu'à présent ce n'est pas parce qu'on ne connaissait pas cette ressource ou qu'on ne savait pas comment l'exploiter mais parce que son taux de retour énergétique est très mauvais : de l'ordre de 1 à 5, c'est-à-dire qu'il faut dépenser un baril de pétrole pour en sortir 5 de terre. Pour les hydrocarbures conventionnels ce taux reste en moyenne de 1 à 30 même si il a beaucoup baissé.

            Energie et developpement - exploitation de gaz non-conventionnel ou "gaz de schiste" dans le Wyoming
            Puits de gaz de roche dans le Wyoming (États-Unis)
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            Wednesday, 2 November 2016

            Etude de marché Lampe et éclairage solaires


            L'éclairage est une des applications les plus banales et les plus répandues de l'électricité. Pour les 1.6 milliards de personnes qui n'ont pas accès au réseau électrique, les solutions les plus courantes sont la bougies, la lampe à pétrole et, dans une moindre mesure, la lampe torche. Ces solutions ont en commun d'être chères (malgré un cout initial très faible), peu efficaces et d'avoir un impact très négatif sur la santé et l'environnement.
            Le développement de la production d'électricité photovoltaïque permet désormais d'envisager une autre solution : les lampes et lanternes solaires. Mais si la massification de la production de matériel solaire tire les prix à la baisse, ces solutions buttent encore sur un coût initial élevé. L'obstacle est cependant loin d'être insurmontable : une lampe à pétrole consomme environ 1 litre en 5 à 10 jours, la lampe solaire n'a, elle, aucun coût d'utilisation et, compte-tenu du prix du carburant, devient en général rentable avant la première année d'utilisation.
            Il semble donc que le problème se trouve plus du coté de l'offre que de la demande : peu connues et peu distribuées, les lampes solaires ne parviennent pas encore à pénétrer un marché pourtant immense.

            Note : La liste ci-dessous recense les fabricants (et non les distributeurs) de lampes et lanternes solaires conçues pour être utilisées en zone non-électrifiée. Si cette liste vous semble incomplète ou que vous souhaitez y ajouter des informations merci de préciser votre demande en commentaire.
            Barefoot Power
            Barefoot Power propose une gamme de produits solaires destinés à l'éclairage. Cette entreprise est présente au Kenya et en Ouganda.
            Site de Barefoot Power

            D.light
            Basée aux Iles Cayman mais présent en Inde et au Kenya et distribué dans quelques pays d'Afrique, D.light propose des lampes solaires peu couteuses et conçues pour des besoins domestiques
            Prix d'une lampe de bureau (D.light S1) : environ 8€
            Prix d'une lanterne solaire (D.light S10) : environ 12€
            Site de D.light (en anglais) 

            Freeplay Energy
            Freeplay Energy est une entreprise britannique proposant des lampes, des radios et des chargeurs utilisant l'énergie solaire ou des dynamos.
            Prix d'un combi lampe, radio et chargeur (port mini-USB) rechargeable par dynamo ou solaire : 19.99£ (environ 25€)
            Site de Freeplay Energy (en anglais)

            Greenlight Planet
            Greenlight Planet est une entreprise indienne produisant une lampe solaire destinée à remplacer les lampes à pétrole.
            Site de Greenlight Planet (en anglais)

            Philips
            Philips propose une gamme de lampes solaires destinées aux foyers privés d'accès au réseau électrique. Design mais relativement cher...
            Prix d'une lampe 5W + module PV 5W : environ 100€
            Pages du site de Philips consacrées à ces produits (en anglais)

            Solar21
            Solar 21 est une entreprise française proposant une lampe solaire faisant également office de chargeur de portable.
            Prix de la lampe : 70€
            Site de Solar21 

            Solarmine
            Solarmine est une entreprise coréenne proposant entre autre une lanterne solaire assez puissante (module 2.4Wc) mais plutôt couteuse.
            Prix d'une lanterne : 130$ (environ 95€)
            Site de Solarmine (en anglais)

            Soltys
            Soltys est une entreprise française proposant, entre autre, des kits solaires adaptés à l'éclairage intérieur de petites habitations.
            Prix d'un kit module 15W + régulateur + 2 lampes : 250€
            Site de Soltys

            Solux
            Solux est une entreprise allemande proposant des lampes rechargées par un panneau solaire.
            Prix d'une lampe de poche + module 2.5Wc + chargeur pour téléphone portable : environ 55€
            Site de Solux

            Sun Transfer :
            Entreprise allemande proposant une lampe solaire avec fonction chargeur de téléphone portable relativement haut de gamme.
            Site de Sun Transfer (en anglais) 


            Sunlite
            Sunlite propose une gamme assez étendue de lampes solaires, depuis les très petites (module PV de 0.7Wc), jusqu'aux pièges à insectes et à un kit 3 lampes + module 5W.
            Site de Sunlite (en anglais)


            Thoughstuff
            Thoughstuff est un entreprise basé à l'Ile Maurice (mais présente à Londres et dans certains pays africains) et fournissant de très petits kits solaires (module photovoltaïque de 1W !) destinés à du petit éclairages ou à la recharge de téléphone.
            Prix d'un kit module + lampe à LED : 35$ (environ 25€)
            Site de Toughstuff (en anglais)

            Trony
            Trony est une entreprise chinoise spécialiste des cellules solaires amorphe et proposant une lampe rechargeable grâce à un panneau de ce type.
            Site de Trony (en chinois)
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            Sunday, 30 October 2016

            Lecture fin de lOccident naissance du monde de Hervé Kempf


            Energie et developpement - couverture de fin de l'Occident, naissance du monde de Hervé Kempf
            Chroniqueur le lundi dans le Monde et sur Reporterre.net le reste de la semaine, Hervé Kempf est un de ceux qui parviennent à faire entrer dans le débat public des idées qui sous la plume d'un autre auraient été jugées trop radicales ou trop idéalistes pour être seulement discutables.

            Son dernier livre : "fin de l'Occident, naissance du monde", publié en janvier 2013 chez Seuil, lui permet de remplir une nouvelle fois cette mission, sans excès de zèle.

            Récit de l'essor et de l'affaissement de l'Occident


            La première partie du livre est une relecture de l'histoire de l'humanité qui met en évidence l'extraordinaire essor de l'Europe au XVIIIe siècle après des millénaires pendant lesquels les conditions de vie avaient été globalement comparables en tout point de la planète. L'avance acquise par l'Occident, explique M. Kempf, n'est qu'un phénomène transitoire, elle n'a été possible que grâce au recours massif aux énergies fossiles, et il est dans l'ordre des choses que les régions qui ont été un temps distancées rattrapent peu à peu leur retard.
            Le problème, c'est que nous sommes désormais trop nombreux et trop gourmands : la Terre ne peut pas offrir un mode de vie à l'occidentale à 9 milliards d'êtres humains. Dès lors, il existe deux possibilités :
            • Soit les pays industrialisés tentent de contrecarrer le développement du reste du monde pour continuer à disposer des ressources nécessaires à leurs excès, et dans ce cas le conflit est inévitable. M. Kempf prête ce dessein à "l'oligarchie" et aux partis de droite avec lesquels elle a partie liée.
            • Soit ils acceptent de renoncer à une partie de leur consommation pour que le niveau de vie des autres pays puissent s'élever. Logiquement, il s'agit de la mission historique de la gauche.
            On pourrait faire remarquer à l'auteur que "le reste du monde" ne se limite pas à la Chine et que pour de nombreux pays la convergence qu'il prédit est loin d'être acquise. On pourrait également lui reprocher de ne pas s’arrêter sur les rattrapages qui ont déjà eu lieu (l'Europe rattrapant les États-Unis dans les années 50-60, le Japon rattrapant les précédents dans les années 80...) et qui ont plutôt  signifié la victoire du rattrapé que sa chute. Mais en somme M. Kempf réussit une synthèse limpide à l'intersection de Paul Bairoch, Kenneth Pomeranz et des époux Meadows. On sort de cette première partie convaincu...
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            Wednesday, 19 October 2016

            Video lessentiel de lAccord de Paris sur le climat en 10 minutes


            Le 28 avril, j'ai été invité à intervenir en Suisse, à la HES-SO de Sierre, en ouverture d'un forum consacré à l'après-COP21. J'ai eu l'occasion d'y détailler le contenu de l'Accord de Paris, de le replacer dans le contexte de la lutte contre le changement climatique et des négociations internationales depuis la Convention-Cadre de 1992 et de parler signification en termes d'émission.
            Rien de bien nouveau : je traite largement de ces sujets sur le blog. Mais vous n'avez peut-être pas le temps de lire mon rapport sur l'Accord de Paris et ses implications économiques ou tous les articles que j'ai consacré à la COP21... Alors que diriez-vous d'un extrait de cette conférence qui en reprend l'essentiel en une dizaine de minutes ?



            Pour aller plus loin vous pouvez retrouver ici toutes les interventions du forum.

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            Wednesday, 12 October 2016

            COP21 Un guide du citoyen engagé en vue de la Conférence de Paris sur le climat


            Paris Climat 2015 / COP21 : logo officielLa 21e conférence internationale sur le climat qui se tiendra à Paris début décembre 2015 approche à grands pas. Après l'expiration du protocole de Kyoto et l'échec de la conférence de Copenhague, ce sommet apparait à beaucoup comme la toute dernière chance d'endiguer les émissions de gaz à effet de serre et d'éviter un dérèglement climatique catastrophique... et ce rendez-vous avec l'histoire aura lieu en France.

            Vous vous demandez comment vous impliquer ? Voici ce que vous devez savoir...

            Quels sont les enjeux de la COP21 ?

            Les objectifs de la conférence de Paris sur le climat sont nombreux. Le principal enjeu est la mise en place d'un mécanisme de limitation des émissions de gaz à effet de serre pour prendre la suite du protocole de Kyoto à partir de 2020. Ce mécanisme sera-t-il contraignant ? Quels sont les pays qui y en feront partie ? Les limites d'émission fixées seront-elles compatibles avec un réchauffement limité à 2°C en 2100 ?

            Un enjeu plus discret mais tout aussi important porte sur l'adaptation au changement climatique : le phénomène se fait déjà sentir et même avec un accord ambitieux à Paris certains pays, notamment les États insulaires, auront à souffrir de ses conséquences. Comment aider les future victimes à se préparer ? Comment les indemniser ? Quels statut sera accordé aux futurs réfugiés climatique ?

            Informations pratiques : où et quand ?

            La Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 2015 aura lieu du 30 novembre au 11 décembre 2015 au Bourget.
            Il est possible, comme cela a été le cas pour de nombreuses COP, que les discussions se poursuivront au-delà de la fin officielle du sommet pendant le week-end du 12 et 13 décembre.

            Quelles organisations participent à la conférence ?

            En dehors des négociateurs, un certain nombre d'organisations bénéficient d'une reconnaissance officielle de l'ONU qui leur permet de participer aux discussions, par exemple par une intervention en plénière, des contributions écrites ou l'organisation d'un "side event". Il s'agit notamment des entreprises et de leurs représentants (collectif dit BINGO), des syndicats (TUNGO), des organisations de protection de l'environnement (ENGO), des collectivités locales (LGMA) et des instituts de recherche (RINGO).

            La liste complète des organisations accréditées peut être trouvée ici. Cette liste comprend également le nom du représentant de chaque organisation et ses coordonnées.
            A ce sujet, vous pouvez lire mon article sur le profil-type des organisations participant à la COP20 de Lima.

            Si vous représentez une organisation susceptible d'être admise, vous pouvez trouver la procédure d'accréditation ici. Malheureusement, il est trop tard : les inscriptions sont closes pour la COP21 depuis le 31 août 2014. Si vous n'avez pas pu faire la demande dans les temps il vous reste la possibilité de bénéficier d'un partage d’accréditation, à négocier avec une organisation inscrite.

            Pouvez-vous participer ?

            A titre individuel, non. L'accès à l'enceinte des négociations sera réservé aux représentants d'organisations accréditées. Cependant un "village de la société civile" sera accessible librement.
            Par ailleurs de très nombreux événements autour du climat vont avoir lieux pendant la conférence et tout au long de l'année 2015 : débats à destination du grand public ou de professionnels, exposition, manifestations et mobilisations... Vous pouvez consulter ici la liste des événements prévu avant et pendant la COP21.

            Comment monter un projet ?

            Votre association veut profiter de la COP21 pour mener un projet, par exemple une action de sensibilisation aux conséquences du changement climatique ou l'organisation de débat ? Dans ce cas, vous pouvez prendre contact avec l'un des "référents société civile" du Quai d'Orsay :
            COP21/Paris Climat 2015 : liste de contact pour les associations et ONG (référents société civile)
            Si vous avez besoin d'un financement, votre demande doit être accompagnée d'un formulaire Cerfa. Vous pouvez également prendre contact avec vos collectivités territoriales (mairie, département, région).
            Une autre solution peut être de rechercher une entreprise sensible aux questions climatiques. Le Ministère du développement durable met à disposition un annuaire des mécènes potentiels par région.
            Enfin, pour les projets innovants, le crowdfunding (via des sites comme Ulule ou Kisskissbangbang) peut également être une bonne idée. 
            (Accessoirement, vous pouvez aussi faire appel à moi : j'interviens comme consultant pour aider des associations et des entreprises à monter et promouvoir leurs projets en vu de la COP21)

            Comment faire entendre votre voix individuellement ?

            Si vous souhaitez contribuer, la meilleure façon est de vous rapprocher d'une organisation qui peut bénéficier du statut d'observateur ou organise des événements autour de la COP21.

            Une autre alternative peut être d'encourager les participants à adopter un accord ambitieux. Certains d'entre eux sont accessibles via les réseaux sociaux. Par exemple :
            • Laurent Fabius (ministre des Affaires Étrangères et président de la COP21) sur Twitter, Facebook ou son blog,
            • Marie-Hélène Aubert (conseillère de l'Elysée pour les négociations sur le climat) sur Twitter ou LinkedIn,
            • Pierre-Henri Guignard (chargé de la préparation de la COP21) sur Twitter ou LinkedIn,
            • Paul Watkinson (chef de l'équipe de négociation sur le climat au Ministère du développement durable) sur Twitter, Facebook ou LinkedIn,
            • Antoine Michon (chef de la division climat au Quai d'Orsay) sur Twitter ou LinkedIn.

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             * * *

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            Tuesday, 11 October 2016

            Ce quil faut comprendre avant de choisir un fournisseur délectricité verte


            Choisir un fournisseur d'électricité "verte", est-ce suffisant pour  participer au développement des énergies renouvelables ? Dans cette période où l'on parle beaucoup de transition énergétique, certains fournisseurs d'électricité proposent à leurs clients de prendre les devants en adoptant une offre "d'électricité verte". Ces offres se retrouvent aussi bien chez des acteurs historiques (comme GDF-Suez avec AlpEnergie) que chez des fournisseurs spécialisés (comme Enercoop ou Lampiris).
            De quoi s'agit-il ? Et surtout : choisir une telle offre permet-il réellement de soutenir les filières renouvelables ? La réponse, nous allons le voir, varie d'un fournisseur à l'autre...


            Acheter de l'électricité verte : une fiction


            Si vous pouvez acheter des produits bio, c'est grâce à leur traçabilité : il est possible de connaitre l'origine du produit et donc les méthodes utilisées par son producteur.
            A l'inverse, il n'existe pas de traçabilité de l'électricité, une fois qu'elle est injectée sur le réseau électrique personne ne peut dire d’où vient un électron et comment il a été produit. Par conséquent, sauf à être relié directement à la source (par exemple si vous avez des panneaux solaires sur votre toit), vous ne pouvez pas décider de vous fournir en électricité auprès d'un producteur plutôt que d'un autre.

            Comment dans ce cas s'assurer que vous achetez de l'électricité issue d'une éolienne ou d'une centrale nucléaire ? En fait, il faut distinguer 2 flux sur le marché de l'électricité :
            • Un flux physique qui suit le réseau de transport et de distribution des centrales jusqu'à votre prise
            • Un flux contractuel avec des opérations d'achat et de vente qui vont de la vente par le producteur à l'achat par le particulier en passant par au moins un intermédiaire qui achète l'électricité auprès des producteurs (en gré à gré) ou sur le marché puis vous la revend.
            S'il n'est pas possible de vous garantir que le flux physique de l'électricité qui vous est livré provient d'une source renouvelable, il est possible de retracer le flux contractuel. C'est le principe des garanties d'origine sur lequel se basent les offres d'électricité verte.


            Le système des garanties d'origine


            Ce système s'adresse aux producteurs d'électricité utilisant soit une énergie renouvelable (hydroélectricité, énergie éolienne, solaire thermique ou photovoltaïque, biomasse, géothermie...), soit la cogénération (production d'électricité à partir d'une énergie qui aurait été perdue sinon). Lorsque ces producteurs injectent de l'électricité sur le réseau, RTE leur délivre une garantie d'origine pour la quantité d'énergie injectée.

            Ces producteurs peuvent ensuite revendre la garantie d'origine en compagnie du volume d'électricité correspondant. Au bout de la chaine, les fournisseurs d'électricité verte doivent présenter régulièrement à leurs clients des garanties d'origine pour un volume correspondant à leurs consommations.

            Ce système trouve son origine dans une directive du parlement européen de 2009, mais à quelques variation près il est en vigueur en France depuis 2006 (on parlait auparavant de certificats verts qui ont disparu définitivement début 2012).


            Ce que la garantie d'origine garantit et ce qu'elle ne garantit pas


            En bref, si vous souscrivez à une offre d'électricité verte, le système de garantie d'origine vous assure que votre fournisseur a acheté un volume d'électricité équivalent à votre consommation auprès de producteurs d'électricité verte.

            En revanche, ce système ne garantit pas :
            • Que les électrons que vous consommez proviennent d'une énergie renouvelable.
            • Que l'électricité que vous achetez n'aurait pas été produite sans votre achat : dans la plupart des cas vous n'aurez fait que "réserver" une énergie qui aurait été produite de toute façon. En d'autres termes en optant pour une offre d'électricité verte, vous aurez augmenté la part du renouvelable dans votre consommation d'énergie en la faisant baisser dans le mix des consommateurs ordinaires, pas en augmentant la production.
            • Que vous financez réellement une filière renouvelable : la plupart des garanties d'origine viennent de barrages hydroélectriques - sources renouvelables, certes, mais construites pour la plupart dans les années 50 et déjà largement rentabilisés. Si vous souhaitez soutenir les investissements dans des filières renouvelables en cours d'émergence comme l'éolien, la biomasse ou le solaire, il faudra vous assurer avec votre fournisseur qu'il achète de l'électricité auprès de ces producteurs et qu'il leur offre des conditions satisfaisantes (prix négociés, contrats à long terme...)
            Crédit photo : Jamie R Mathlin [CC-BY-SA-2.0], via Wikimedia Commons
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              Publié le 30 décembre 2012 par Thibault Laconde


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              La COP21 sera t elle un succès et autres tentatives plus ou moins imprudentes de divination


              prévoir le déroulement de la COP21 et ses résultats pour le climat
              Demain s'ouvre officiellement la conférence de Paris sur le Climat. Ses objectifs sont connus - ils ont été fixés par le mandat de Durban : il s'agit d'une part de trouver un nouvel accord permettant de limiter la hausse de la température moyenne à 2°C et d'autre part de financer l'adaptation des pays en développement.

              Mais que va-t-il vraiment se passer pendant ces deux semaines. Comme disait l'autre, "la prédiction est un art difficile, surtout lorsqu'elle concerne l'avenir", mais il faut savoir vivre dangereusement...

              Voici donc en 4 questions, ce qui va vraisemblablement se passer et pourquoi :
              • Y aura-t-il un accord juridiquement contraignant ? 
              • Sera-t-il suffisant pour rester sous le seuil des 2°C ?
              • Qui seront les pays au centre des discussions ?
              • Et pour finir, est-ce que la COP21 sera un succès ?
              Rendez-vous dans deux semaines pour vérifier...

              [Edit] Pour savoir ce qu'il s'est passé pendant la COP21, vous pouvez desormais télécharger mon analyse de l'Accord de Paris et de ses implications technologiques et économiques



                Y aura-t-il un accord juridiquement contraignant ?

                Oui, mais pas entièrement.


                Les pays ne se séparent presque jamais après une COP sans un accord (la seule exception est la COP6 de La Haye). La question n'est donc pas s'il y aura un accord à la COP21 mais à quoi il ressemblera. Et en particulier : la conférence de Paris pourra-t-elle aboutir à un texte juridiquement contraignant ?

                Un accord juridiquement contraignant s'impose sur le droit national des pays qui le ratifient : une fois que vous vous êtes engagé, vous ne pouvez plus revenir en arrière même en modifiant votre  loi ou votre constitution. C'est donc, en théorie, un engagement très fort. Et comme les règles de l'ONU impose l'unanimité, il est toujours difficile d'y parvenir.

                Mais si l'accord de Paris ne sera pas entièrement juridiquement contraignant, c'est pour une autre raison : Barack Obama n'a ni le temps, ni les moyens politiques d'obtenir le vote des deux-tiers du Sénat, comme l'impose la Constitution américaine pour la ratification des accords internationaux.
                Il peut s'en sortir par une pirouette juridique : le président des États-Unis peut engager son pays sans passer par le Sénat avec un "executive agreement". De nombreux juristes ont planché sur la question et le consensus qui se dégage est qu'Obama pourrait signer sans l'accord du Sénat à condition que le texte ne contienne pas d'engagement d'émission ni de financement.
                Évidemment, cela réduit fortement les ambitions... Mais a-t-on le choix ? Les États-Unis sont le deuxième émetteur de gaz à effet de serre de la planète et il est peu probable que les grands pays émergents, Inde (3e émetteur) et Chine (1ère) en tête, signent s'ils ont un doute sur l'engagement américain.

                Sauf à créer une coquille vide, la communauté internationale est donc obligée de tailler un texte sur mesure pour les États-Unis. Cette contrainte exclut un accord entièrement juridiquement contraignant, il est probable que le texte qui sortira de la COP21 sera hybride : avec des parties contraignantes (probablement la procédure de révision des engagements) complétés par des engagements politiques (sur les émissions et les financements).


                Est-ce que l'accord permettra de rester sous le seuil de 2°C ?

                Non.


                C'est l'autre point-clé du mandat de Durban, hérité de la conférence de Copenhague : la communauté internationale veut limiter la hausse de la température moyenne à 2°C entre le début de l'ère industrielle et la fin du XXIe siècle.
                Les engagements de réduction des émissions qui seront pris à Paris (et qui n'auront pas de valeur juridique, cf. paragraphe précédent) seront sans doute insuffisants pour atteindre cet objectif. En effet, en amont de la conférence, les participants ont été invités à communiquer les engagement qu'ils sont prêts à prendre (aussi appelés INDC). Lorsque l'on agrège ces chiffres et qu'on les entre dans un modèle climatique, on voit qu'on se trouve sur la trajectoire d'une hausse de 3°C plutôt que de 2.

                Un degrés de plus, ça peut paraître peu mais cela correspond à plusieurs centaines de milliards de tonnes de dioxyde de carbone. Même si on est pas à l'abri d'une bonne surprise et d'engagements plus ambitieux annoncés pendant la conférence, il est peu probable qu'ils soient suffisants. C'est la raison pour laquelle il est important que l'accord contienne des clauses de revoyure, prévoyant un examen et une révision régulière des engagements.


                Quels pays vont bloquer ? Quels pays vont être au centre des discussions ?

                Les pays pétroliers et les grands émergents


                Les INDC permettent également de deviner le rôle des différents pays, et deux choses semblent évidentes :
                • Les pays pétroliers n'ont pas caché leurs mauvaise volonté : seuls deux pays membres de l'Organisation des Pays Producteurs de Pétrole ont publié leurs INDC dans les temps (l'Algérie et l'Equateur). Et lorsque, comme l'Arabie Saoudite, ils ont fini par rendre leurs copies elles se sont révélées très décevantes.
                • La Chine et l'Inde sont désormais au coeur du problème. Au début des années 90, le changement climatique était surtout un problème européen et américain. Depuis la Chine a connu un développement fulgurant et elle est devenue le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre en 2007, l'Inde suit aujourd'hui le même chemin. D'après les INDC, en 2030, l'Inde et la Chine devraient être les deux premiers pollueurs de la planète très loin devant les États-Unis et l'Union Européenne.

                  prévision d'émission de GES pour les principaux pays en 2030 : pourquoi la Chine et l'Inde seront les pays-clé de la COP21

                  D'ici 15 ans, les émissions de ces deux pays devraient écraser celles des autres grandes économies : la Chine émettra 5 fois plus que l'Europe, l'Inde 3 fois plus. Et les émissions australiennes, par exemple, ne représenteront plus que 3% des émissions chinoises... Dans ces conditions, la Chine et l'Inde vont se retrouver au coeur des discussions : compte-tenu des volumes en jeu un effort supplémentaire de leur part, même quelques dixièmes de pourcents, sera significatif ! La position de l'Inde, qui est traditionnellement très attachée au droit au développement, sera particulièrement observée.
                Ces deux groupes de pays sont, a priori, protégés par le principe de responsabilité commune mais différenciée. Un principe inscrit dans la Convention Climat signée en 1992 et qui veut que les pays industrialisés (listés dans l'annexe I) soient les principaux responsables du changement climatique et doivent porter l'essentiel des efforts. On peut donc prévoir que ce principe de différencienciation sera au coeur des discussions.


                  Alors, la COP21 sera un succès ou un échec ?

                  Tout dépend ce qu'on en attend...


                  Vous l'aurez compris à ce stade, il y aura vraisemblablement un accord le 11 décembre mais il sera insuffisant et très en recul par rapport aux objectifs affichés par le mandat de Durban.
                  Mais d'un autre coté, le texte qui sortira de la COP21 sera sans doute le plus ambitieux et le plus complet de l'histoire des négociations climatiques : pour la première fois tous les pays devraient être à bord et s'engager sur une trajectoire de réchauffement beaucoup plus basse que les 4 à 5°C que nous aurions si nous ne faisions rien. La conférence de Paris devrait aussi permettre de redéfinir une méthode et des principes qui remettent les discussions sur les rails après 20 ans d'échec.

                  Alors est-ce que ça en fait un échec ou un succès ? Une chose est sure : la question du changement climatique ne sera pas résolue à la fin du sommet : les engagements pris devront être vérifiés et revus régulièrement, ils devront être déclinés dans les politiques nationales, mis en oeuvre par les collectivités, les entreprises et les consommateurs... Même si je m'attend à un succès, la conférence de Paris sera plus un nouveau départ qu'un aboutissement.

                  Publié le 29 novembre 2015 par Thibault Laconde


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                  Monday, 10 October 2016

                  Climat Comment interpréter les objectifs de lAccord de Paris


                  Combien de dioxyde de carbone pourra-t-on émettre dans le cadre de l'accord de paris sur le climat ?
                  Sauf si vous habitez dans une grotte, vous savez certainement qu'un accord international sur le climat a été adopté à Paris samedi dernier. Il reste encore largement à préciser - ce sera le rôle des prochaines conférences - mais il déjà contient des indications claires de la direction que la communauté internationale souhaite donner aux émissions de gaz à effet de serre. Et donc des choix économiques et technologiques à venir. Décryptage...

                  (Version courte si vous êtes pressé : baisse des émissions d'au moins 4% par an pendant les 35 prochaines années puis zero émissions nettes)

                  > Cet article est tirée de mon analyse de l'Accord que vous pouvez télécharger intégralement ici.



                  Ce que dit l'Accord de Paris


                  L'Accord contient deux objectifs principaux en matière d'atténuation :
                  • "Contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C." (article 2)
                  • "Parvenir au plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre dans les meilleurs délais [...] et parvenir à un équilibre entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre au cours de la deuxième moitié du siècle." (article 4)

                  Tout cela est bel est bon, me direz-vous, mais ça ne nous dit pas combien de gaz à effet de serre nous pourront émettre en 2030 ou 2070. On y vient.


                  Interprétation des objectifs de Paris


                  Le 5e rapport du GIEC (p. 64)  indique que pour avoir une probabilité de 66% de rester en dessous de 2°C, il faut que le total de nos émissions ne dépasse pas  2900 milliards de tonnes équivalent-CO2 (ou GTeqCO2). Compte-tenu de ce qui a déjà été émis nous disposons encore d’un « budget carbone » d’environ 800GTeqCO2.
                  Le premier objectif de l'Accord de Paris peut donc s'interpréter comme une limitation de nos émissions de gaz à effet de serre à 800GTeqCO2 entre maintenant et le moment où nous atteignons les zéro émissions nettes. Il s'agit d'une limite maximale puisqu'elle revient à renoncer à l’objectif de 1.5°C et nous laisse encore une chance sur trois de dépasser 2°C. Elle correspond à peu près à 20 années d'émissions au rythme actuel.

                  La seconde partie du second objectif a donné lieu à quelques inquiétudes en fin de semaine dernière, principalement parce que la version anglaise est plus ambiguë que la version française. Mais, en clair, il s'agit de parvenir à zero émissions nettes pendant la seconde moitié du XXIe siècle. C'est-à-dire qu’à un moment au cours de la seconde moitié du XXIe siècle nos émissions devront devenir égales à la quantité de gaz à effet de serre que nous captons. Pour alléger un peu, notons Teq le moment où cet équilibre est atteint et Eeq le niveau d’émission correspondant.
                  A l’heure actuelle, notre capacité à capturer et à stocker des gaz à effet de serre est très faible. Les projets d’afforestation et de reforestation nous permettent de retirer quelques fractions de pourcents de nos émissions annuelles de l’atmosphère et encore il ne s’agit que d’un stockage temporaire. Des solutions techniques sont proposées, par exemple l’utilisation de centrales à biomasse avec capture et séquestration du carbone, et d’autres pourraient apparaître dans le courant du siècle. Il est donc difficile d’estimer la quantité de gaz à effet de serre qui pourrait être retirée de l’atmosphère dans 50 ans. Pour donner une fourchette large, on peut estimer que Eeq se trouvera quelque part entre 0 (ce qui est très pessimiste) et 10GTeqCO2 par an (ce qui est sans doute beaucoup trop optimiste).

                  L'addition de ces deux contraintes nous donne un profil d'émissions de ce type :
                  • Un pic dans les années qui viennent,
                  • L'apparition de puits de carbone (ou "émissions négatives") dans le courant de siècle qui croissent jusqu'à Eeq,
                  • Une décroissance rapide des émissions pour passer du pic à Eeq,
                  • Un total des émissions nettes (c'est-à-dire la surface hachurée) inférieur à 800GTeqCO2.
                  émission de gaz à effet de serre autorisées par l'accord de paris sur le climat

                  Quelques observations


                  Ce modèle permet de comprendre trois points importants :
                  • La phase critique de la mise en œuvre des objectifs de Paris se trouve entre le pic d’émission et le moment où les zéro émissions nettes sont atteintes. Pendant cette période, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devront décroître à un rythme soutenu, ce qui implique une forte pression sur les entreprises et les consommateurs.
                  • Beaucoup de profil d’émission sont envisageables mais le rythme de baisse moyen pendant cette phase ne dépend que de quatre variables : les émissions entre aujourd’hui et le pic, le niveau d’émission au moment où le pic se produit, Teq et Eeq.
                  • Plus le pic d’émission sera tardif plus le rythme de baisse devra être rapide, il est en est de même pour le moment où les zéro émissions nettes sont atteintes. Eeq est le seul paramètre sur lequel nous pouvons réellement jouer pour adoucir la transition. Le cas le plus favorable est celui où le pic d’émissions a lieu immédiatement, les zéros émissions nettes sont atteintes le plus tôt possible (Teq = 2050) et Eeq est maximal (donc selon notre hypothèse Eeq = 10GTeqCO2). Il est à noter que, en dehors de ce cas le plus favorable, une baisse linéaire des émissions ne permet pas d’atteindre l’objectif de 2°C/800GTeqCO2, il faudrait donc un profil de décroissance des émissions plus rapide (par exemple exponentiel).

                  Dans le cas le plus favorable,  les émissions mondiales de gaz à effet de serre devront baisser en moyenne de 3.9% par an entre 2015 et 2050. Ce qui revient quand même à retirer 860MTeqCO2 par an, soit à peu près aux émissions actuelles de l’Allemagne, chaque année pendant 35 ans.

                  Publié le 17 décembre 2015 par Thibault Laconde


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                  Nucléaire charbon prix de lénergie Le vrai et le faux sur la transition énergétique allemande


                  L'Allemagne reste dépendante du charbon, ici la mine de lignite de Garzweiler avec en arrière plan les centrales de Frimmersdorf et NeurathModèle pour les uns, contre-exemple pour les autres, la politique énergétique allemande et sa "sortie du nucléaire" font paradoxalement plus débat de ce coté-ci du Rhin que de l'autre. Et comme souvent dans le domaine de l'énergie, ces polémiques ont leur lot d'affirmations contradictoires : L'Energiewende carbure-t-il au charbon ? La sortie du nucléaire impose-t-elle à l'Allemagne d'acheter de l'électricité à ses voisins ? Les énergies renouvelables rendent-elles le réseau instable ? L'électricité allemande est-elle la plus chère du monde ?
                  Pour vous y retrouver sur ces questions et quelques autres voici un vrai-faux sur la politique énergétique allemande.


                  L'Allemagne est un gros consommateur de charbon

                       → Vrai

                  Le mix électrique allemand repose historiquement sur le charbon, surtout du lignite local mais aussi de la houille importée. Cet héritage explique que la part du charbon dans la production d'électricité allemande reste élevée : 42% contre 26% en moyenne dans l'Union Européenne.
                  Vu de France ces proportions peuvent paraitre énormes : dans notre pays le charbon ne compte que pour quelques pourcents de la production électrique. Mais ici c'est la France qui est atypique : toutes les autres grandes économies dépendent significativement du charbon. Celui-ci assure par exemple 30% de la production électrique au Japon, 32% en Grande Bretagne, 38% aux États-Unis et la Chine est bien au-delà avec 72% de charbon dans son mix électrique.


                  La consommation de charbon augmente en Allemagne

                       → Faux

                  En valeur absolue, la production d'électricité à partir du charbon  est pratiquement constante depuis un quart de siècle. Comme dans le même temps la production totale d'électricité a sensiblement augmenté, la part du charbon a baissé régulièrement : elle était de 54% en moyenne dans les années 90, 47% entre 2000 et 2009 et 43% depuis depuis 2010. Difficile d'y voir une hausse... 

                  Production d'électricité grâce au charbon en Allemagne : valeur absolue et pourcentage de la production totale

                  Cette tendance de long terme à la baisse n'a été affectée ni par la réunification ni par la décision, prise dans les années 2000, de sortir du nucléaire. Le constat est plus mitigé pour la période qui suit l'accident nucléaire de Fukushima : la baisse de la part du charbon dans le mix électrique allemand semble faire une pause mais sans pour autant repartir à la hausse.



                  La sortie du nucléaire est une décision précipitée, prise sous le coup de l'émotion après l'accident de Fukushima

                       → Faux

                  Les efforts de l'Allemagne pour se passer du nucléaire s'inscrivent dans un temps très long. La décision politique date des années 2000 et n'a jamais été remise en cause depuis malgré les alternances. Mais même cette décision s'inscrit dans une tendance antérieure : elle a été rendue possible par la construction d'un très large consensus (90% des allemands approuvent la politique énergétique de leur pays) et la création de filières industrielles dans les années 80 et 90.

                  Alors que vient faire Fukushima là-dedans ? Il y a effectivement eu brève inflexion de la politique allemande en 2010 et 2011. Reprenons la chronologie :
                    1. En 2000, la coalition Vert-SPD officialise la sortie du nucléaire par la Convention du 14 juin 2000 qui limite la quantité d'énergie qui pourra être produite par les centrales en service avant leur fermeture. La fin du nucléaire allemand est alors prévue autour de 2020. Cette décision n'est pas remise en cause lorsque les Verts quittent le gouvernement en 2005.
                    2. En 2010, la majorité conservatrice menée par Angela Merkel confirme la fin du nucléaire mais assouplit le calendrier. L'Allemagne se donne alors de nouveaux objectifs énergétiques à l'horizon 2050 (c'est ce qu'on a appelé l'Energiekonzept), la fermeture de la dernière centrale nucléaire y est prévue pour 2036.
                    3. Quelques mois plus tard, en 2011, l'accident de Fukushima pousse Angela Merkel a revenir au calendrier de 2000. Pendant l'été, une nouvelle série de lois sur l'énergie est adoptée (Energiewende), elle ne remet pas fondamentalement en cause les orientations de l'Energiekonzept mais revient au calendrier des années 2000. La sortie du nucléaire est désormais prévue en 2022 et les 8 réacteurs les plus anciens sont mis à l'arrêt immédiatement.
                      Pour une description plus détaillée de ces différentes étapes, vous pouvez lire cet article : Les leçons de la "sortie du nucléaire" allemande pour la transition énergétique française.



                      La sortie accélérée du nucléaire signifie un retour aux énergies fossiles

                           → Faux


                      Le revirement de l'été 2011,et surtout la fermeture immédiate de 8 réacteurs soit près de 8.5GW, a fait dire à de nombreux commentateurs que l'Allemagne serait obligée d'augmenter sa consommation d'énergie fossile. Cette prévision tenait la route à l'époque mais 5 ans plus tard il est clair qu'elle ne s'est pas réalisé.

                      Entre 2010 et 2014, les renouvelables ont plus que compensé la baisse du nucléaire en allemagne

                      Avec le recul dont nous disposons maintenant, il est clair que les allemands sont en train de gagner leur pari : depuis 2010, les énergies renouvelables ont fait plus que compenser le recul du nucléaire permettant de baisser dans le même temps la production d'électricité d'origine fossile.



                      Depuis 2010, c'est la consommation de gaz qui a reculé, pas la consommation de charbon

                           → Vrai

                      En 2015, la part du charbon dans le mix électrique allemand était de 42% exactement comme en 2010. Dans le même temps, la part du gaz a reculé de 14 à 9%. D'un point de vue climatique, l'inverse aurait évidemment été préférable puisque, à énergie équivalente, le gaz émet à peu près deux fois moins de dioxyde de carbone que le charbon.

                      Cette évolution s'explique avant tout par la compétitivité du charbon en Europe par rapport aux autres fossiles. Deux responsables :
                      • La baisse du cours du charbon qui est passé de 84$ la tonne au printemps 2011 à environ 60$ aujourd'hui. Cette baisse s'explique par l'exploitation rapide des gaz non-conventionnels aux États-Unis. Celle-ci à fait baisser de l'ordre de 30% le prix du gaz en sortie de puits mais le gaz étant difficilement transportable, la baisse des cours outre-atlantique ne l'a pas rendu plus compétitif en Europe. Au contraire elle a détourné une partie de la production américaine de charbon vers l'export. Plus récemment, le ralentissement de la croissance chinoise accompagné de fortes surcapacités a également tiré le prix du charbon vers le bas.
                      • Les ratés du marché européen du carbone : un de ses objectifs était justement de rendre le gaz compétitif par rapport au charbon. Mais le prix de la tonne de CO2 (moins de 5€) est beaucoup trop bas pour cela.
                      Les allemands sont bien conscients de ce problème et il est probable que la prochaine étape de leur politique énergétique va être de s'attaquer au charbon. Une consultation sur le sujet est en cours et devrait aboutir à la fin de l'année. En attendant, le gouvernement allemand a déjà décidé l'arrêt de 2.7GW de centrales à lignite dans les 5 prochaines années et la fermeture des mines de houilles avant 2018.


                      La sortie du nucléaire se fait au détriment du climat

                           → Faux (mais ça se discute)

                      Si la part des énergies fossiles reculent dans le mix électrique allemand, les émissions de gaz à effet de serre ne peuvent que baisser. En 2015, les émissions liées à la production d'électricité étaient de 313 millions de tonnes de CO2 contre 320 en moyenne entre 2010 et 2014 et 334 entre 2000 et 2004. Même si cette baisse est modeste, le résultat de 2015 est le meilleur résultat depuis 15 ans à la seule exception de 2009 où la production d'électricité s'était fortement contracté sous l'effet de la crise.

                      Cependant, si elle est plutôt neutre pour le climat, la politique énergétique allemande a un coût d'opportunité : à investissement égal, une politique énergétique tournée vers la réduction des émissions plutôt que la sortie du nucléaire aurait pu diviser par deux la consommation de charbon allemande entre 2000 et 2020 et faire baisser les émissions annuelles de carbone de 150 millions de tonnes environ. Au lieu de quoi, la production d'électricité grâce aux énergies fossiles est la même aujourd'hui qu'il y a 20 ans à quelques térawatt-heures près.
                      Le choix des allemands a été de faire passer la fermeture des centrales nucléaires avant celle des centrales à charbon. Est-ce le bon ? L'effort allemand ne devrait-il pas être rééquilibré : fermer les réacteurs nucléaires moins vite pour réduire plus rapidement les énergies fossiles ? Ce sont des questions légitimes, alors autant la poser de façon honnête.
                       


                      L'Allemagne ferme ses réacteurs nucléaires mais compense en achetant l'électricité des centrales françaises

                           → Faux

                      C'est une idée qu'on entend de temps à autres : la sortie du nucléaire serait rendue possible par l'importation d'électricité venue des pays voisins. A la lecture des statistique cette affirmation apparait totalement fantaisiste. Au contraire, les exportations d'électricité allemande ont explosé depuis le début de la transition énergétique : importatrice nette en 2000, l'Allemagne a exporté 18TWh en 2010 et plus de 50TWh en 2015 !
                      En particulier, le solde des échanges avec la France est positif (de 5.9TWh en 2014). C'est donc la France qui achète de l'électricité à l'Allemagne, pas l'inverse.

                      (Un lecteur a attiré mon attention sur un paradoxe : Alors que l'Allemagne est exportatrice nette d'électricité vers la France, le solde des flux physiques d'électricité entre l'Allemagne et la France est négatif. L'explication est simple : de l'électricité française peut, par exemple, passer physiquement par l'Allemagne alors qu'elle est destinée au marché belge ou suisse. C'est donc bien le flux contractuel, évoqué plus haut, qui renseigne sur la réalité des échanges.)
                       


                      Avec un mix électrique qui intègre autant d'énergies renouvelables intermittentes, le réseau allemand est instable

                           → Faux

                      En 2014, le mix électrique allemand comptait 30% de renouvelable dont presque deux tiers d'éolien (13%) et de solaire (6%) - des énergies dites "intermittentes".
                      Il y a encore quelques années, beaucoup d'experts pensaient que les réseaux électriques ne pourraient pas supporter longtemps la progression des énergies intermittentes, celles dont la disponibilité varient en fonction de facteurs extérieurs notamment la météo. Au-delà de quelques pourcents du mix électrique, disait-on alors, ces énergies dégraderaient la sécurité électrique, voire entraineraient l'effondrement du réseau.
                      Avec le recul, l'intégration des énergies renouvelables est bien un défi technique (l'Allemagne doit par exemple renforcer son réseau notamment les lignes reliant le nord où les éoliennes sont installées et le sud industriel) et économique (avec des périodes où le prix de l'électricité est négatif) mais elle ne semble plus insurmontable. Aujourd'hui le réseau électrique allemand est un des plus fiable d'Europe. La durée annuelle des coupures y est quatre fois inférieure à celle du réseau français.
                       


                      L'électricité allemande est parmi les plus chères du monde

                           → Faux et vrai à la fois

                      Si on regarde le prix de gros, l'électricité allemande est la moins chère d'Europe. C'est logique : d'une part, les centrales à charbon sont déjà amorties et le combustible est peu onéreux, d'autre part les énergies renouvelables ont un coût marginal de production nul qui tire les prix vers le bas.

                      Mais si on regarde la facture des consommateurs finaux, l'électricité allemande coute environ 0.3€/kWh ce qui la place parmi les plus onéreuses, c'est par exemple deux fois plus cher qu'en France. En effet, le développement des énergies renouvelables repose sur des prix garantis pendant 20 ans et ce sont les ménages qui payent le plus gros de la différence avec le prix spot via une taxe (l'EEG-Umlage).
                      Même si les foyers allemands sont très économes, de telle sorte que leur facture finale est à peu près la même que dans les autres pays européens (en moyenne 978€/an contre 834 pour les français), la transition énergétique à un coût, tout particulièrement pour les les moins aisés qui consacrent une part plus importante de leurs revenus à l'énergie.


                      La plupart des chiffres cité dans cet article sont tiré de l'AGEB. Comme d'habitude, vous pouvez accéder au détail des données et des calculs, il suffit de cliquer ici.
                      Crédit photo : By Kateer 8 May 2007 (UTC) (Own work) [CC-BY-SA-2.5], via Wikimedia Commons

                      Publié le 21 octobre 2013 par Thibault Laconde, dernière mise à jour le 27 juillet 2016 

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